mercredi 10 mai 2017

"Rencontres" avec Didier Gerin

J'ai rencontré Didier Gerin il y a quelques jours et je dois dire que ce vigneron est plein d'idées. Par contre il n'a pas d'idées reçues bien au contraire car c'est plutôt quelqu'un d'ouvert qui a l'air toujours prêt à écouter ou essayer des choses à partir du moment ou elles respectent la nature.
Il paille ses vignes qui sont parfois sur des pentes avoisinant les 70% de dénivelé et utilise la confusion sexuelle, une méthode de lutte biotechnique qui perturbe l'activité sexuelle des ravageurs de la grappe et limite ainsi les eudémis et les cochylis (ver de la grappe ou tordeuse). Ses vinifications se font sans rien ajouter aux raisins qu'il se contente de faire fermenter naturellement sans la rafle. Il est très sourcilleux de ses sols et avoue goûter parfois la terre mais sur ce coup là je le suis sans problème puisque je concède m'y être aussi essayé ...
Son prochain "concept" est vraiment intéressant et fait pas mal réfléchir. C'est une vinification dans des amphores ouvertes et semi-enterrées au milieu des vignes, pour que tous les pieds puissent "voir et ressentir" le chemin de leur vie. De la naissance dans la terre grâce à leurs racines jusqu’au stade final avec ce jus qui devient du vin en plein air, là ou les raisin ont pu s'épanouir. Un chemin de vie qui forme une boucle en se referment sur lui même...
J'ai hâte de voir ce que cela pourrait donner.

Sinon j'ai aussi rencontré ses vins avec en premier lieu son vin de pays qui est une vraie petite bombe de fruits frais qui vous emmène sur les chemins de la gourmandise avec beaucoup de justesse. Un assemblage de cinq cépages qui donne envie de boire du vin sans retenue.
Et puis j'ai goûté La soute est Reine 2009, son Cote rôtie.
On situe tout de suite ce vin dans son appellation d'origine mais on a aussi tout de suite l'identité du vin nature avec un nez plein qui est légèrement viandé. C'est complexe avec des groseilles, le chocolat noir, le poivre, des baies de genièvre et une belle pistache.
La bouche est construite sur l'acidité avec une légère texture granuleuse qui n'empêche pas le vin d'avoir de la classe.
Les pages d'un livre tournent lentement à mesure que le vin s’épanouit en bouche.
On y retrouve légèrement le poivre, une belle rétro sur la pistache ......et par moment un côté terreux passe pour aussi s'inviter dans mon verre.
Après une heure, une rétro sur le cigare m’emporte complètement avec un animal au corps de cheval et à la tête d'aigle qui plane au dessus de magnifiques vignes grâce à d'énormes ailes blanches qui lui donnent une dimension phénoménale. Sa présence donne à ce "tableau" naturel et paisible une grandeur majestueuse .
Cette cuvée fait partie des vins qui peuvent vous marquer et j'ai déjà hâte de la rencontrer sur un autre millésime.
Didier Gerin est certainement un vigneron référence en vin qui se rapproche le plus possible de la nature et j’espère pouvoir lui rendre visite un jour pour voir ce que sa passion donne aux vignes.








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