samedi 28 novembre 2020

Trois mots pour un vin: Ygueule 2018

 

Pierre Cotton fait des macérations carboniques avec ses gamay, et je viens juste d'en découvrir une avec sa cuvée Ygueule, un vin 100% glouglou ...... mais pas que !!! 
A l'ouverture, la grosse fraîcheur du nez qui "pète" le fruit croquant vous saute dessus.    La couleur est TERRIBLE, réellement comme sur la photo, un rosé fuchsia légèrement trouble qui donne envie de plonger dans le verre pour s'y noyer d'ivresse.

Ce "jus de fruit" enivrant mêle harmonieusement la fraise des bois et une orange sanguine soupoudrée d'épices. Il y a aussi de belles cerise bien mures qui arrivent lorsque le vin c'est un peu aéré.

La bouche est bien en place avec une belle acidité qui entoure d'un fil très fin un vin croquant, addictif, avec une finesse qui donne une vraie impression de "Bourgogne du sud". On sent aussi qu'avec quelques années de plus ce jus dévoilera des choses un peu plus profondes.

C'est le type de vin que l'on est content d'avoir rencontré car il s'offre tout de suite à vous.    Par contre attention car vous pouvez descendre la bouteille à deux sans même vous en apercevoir.

Superbe vin donc, à boire d'urgence si vous ne connaissez pas et que vous voulez accéder à un bonheur vinique simple et immédiat, une gourmandise.



dimanche 15 novembre 2020

Trois mots pour un vin: Les blondins 2018

 Je n'avais jamais croisé cette cuvée avant l'ouverture de cette bouteille et je ne sais même plus ou j'ai bien pu l'acheter. Du coup c'est quasiment un vin que j'ai bu à l'aveugle.

A l'ouverture, si j'avais été à l'aveugle justement, je ne serais pas parti sur un gamay mais plutôt sur un jeune bourgogne, fin.

L'attaque en bouche est très nette, lisse et fait penser à un bois précieux avec toujours cette finesse qui est mise en avant par un minéral omniprésent. Une framboise légèrement chocolatée est accompagnée par le petit côté gras d'une noix de tonka.

Tout s'éteint un peu au bout d'une demi-heure mais comme je ne voulait pas carafer pour voir son évolution sur plusieurs jours, je remets simplement le bouchon sur la bouteille qui retourne à la cave...

Le lendemain, le vin s'est complétement ouvert avec une bouche qui a gagné en largeur et finit en pointe ... sur une belle acidité qui tient l'ensemble avec des tannins fins. C'est sensuel, fin, et ça donne souvent une belle impression de retenue pour ensuite basculer sur le plaisir raffiné et l'harmonie. L'accord avec un bleu de Gex était exceptionnel et sublimait vraiment le vin.

Le troisième jour, le vin est toujours bien en place, il n'a pas perdu en intensité et le coté vivant est encore plus présent avec toujours une belle amertume de chocolat noir, la minéralité et des senteurs de framboise mêlées au bois précieux qui voyagent dans le verre par instants fugaces. J'ai l'impression d'être dans un voyage sans fin, sur une route pleine de plaisirs qui ne s'arrêterait jamais

Une belle cuvée qui associe le domaine Sérol et le cuisinier Michel Troisgros grâce à une parcelle de 2 hectares de Gamay menée en biodynamie sur la côte Roannaise.



lundi 26 octobre 2020

Giachino, un grand en Savoie.

Mondeuse blanche, Jacquère, Etraire de la Dhuy, Gamay, Douce noir, Verdesse,  Mondeuse noire, Altesse, Persan ... aaaaahhhh depuis ma petite virée en Savoie et un passage au domaine Giachino, ces noms de cépages résonnent dans ma tête avec des images et des senteurs nouvelles qui m'enchantent. 

Lorsque je suis arrivé sur la petite route qui mène chez les frères Giachino et leur cousin qui les a rejoint sur le domaine il y a cinq ans, ce qui m'a frappé ce sont les très beaux paysages, l'environnement qui m'entourait avec ces micros parcelles qui défilent et la montagne au fond mise en valeur par ses sommets enneigés: une carte postale renouvelée après chaque virage grace à cette nature préservée qui donne une superbe grande bouffée d'air pur !!! Et puis on arrive à la cave, on se gare et on reprend une claque avec les belles couleurs d'automne des vignes du domaine au pied du mont Granier : le décor est en harmonie avec les belles cuvées qui vont arriver.

C'est parti, David me prévient qu'il n'a plus beaucoup de cuvées à me faire gouter mais on va quand même en passer 7 en revue, toutes sur le millésime 2019…
Monfarina est un blanc qui descend tout seul, sur la fraicheur du fruit avec des touches exotiques, l'orange sanguine et une belle longueur. Un trés beau vin.
Avec Marius et Simone on change de registre pour un vin orange qui est presque charpenté sur l'écorce d'orange et des tannins fins. Pour les bulles c'est un pet nat de haut vol qui nous régale avec la cuvée Giac'bulles. Et des bulles il y en a tellement qu'elles envahissent toute la bouche avec finesse. C'est aussi long que c'est bon et j'ai beaucoup plaisir lorsque j'y reviens !!!
Les vignes du prieuré Saint-Chritophe de Michel Grisard sont maintenant travaillées et vinifiées par le domaine Giachino puisque ce vigneron précurseur des vins proches de la nature en Savoie a pris sa retraite. Le blanc, 100% altesse, est une merveille d'équilibre avec des aromes de miel qui répondent magistralement à des amers absolument magnifiques. 
La longueur est stratosphérique et classe cette cuvée dans les vins d'exceptions.
Et les rouges alors? Et bien c'est sur la même lignée avec toujours beaucoup d'honnêteté et de sincérité.
Giac Potes, porte bien son nom car c'est un vrai bon copain, il est toujours d'accord et on arrive vite vers la fin de la bouteille tellement la buvabilité le rend irrésistible. Mais c'est aussi complexe, avec une attaque ronde et un vin qui "pommade" légèrement par moment pour finir finement épicé. Délicieux. Avec Black Giac, la mondeuse noire donne une belle image de finesse, intensité et raffinement. C'est Le vin du domaine qui m'a le plus impressionné et je reviendrai dessus très prochainement dans un autre article. Le prieuré Saint-Chritophe Rouge est complexe mais doit encore attendre un peu avant d'exprimer tout son potentiel. La longueur est là et le vin laisse transparaitre de belles promesses que le temps dévoilera à coup sure.
Je ne vais pas vous passer en revue les cuves qui ont jalonné la dégustation mais j'ai été très impressionné par celle qui avait les raisins de persan. Ce cépage très anonyme (en tout cas pour moi) dégage une grande classe avec une finesse de bouche exceptionnelle et des aromes purs de violette. J'ai encore en mémoire cette cuve qui avait fini de manger ses sucres et qui était déjà la promesse d'une sacrée belle cuvée 2020 …
Voilà pour le tour des vins de ce domaine d'un peu plus de 10 hectares qui a volontairement des rendements autour de 40hl/ha afin de pouvoir garder des tarifs entre 
10 et 15€ pour la majorité des cuvées. La biodynamie est au centre de toutes les préoccupations de David et l'équilibre est le maitre mot des vinifications qui sont le moins interventionnistes possible.
J'ai vraiment beaucoup de nouvelles belles choses qui envahissent mes pensées depuis que j'ai un peu plus découvert ces surprenants vins de Savoie qui ont une vraie identité. 
La fraicheur, la franchise, la complexité, une belle buvabilité salivante, de très beaux amers, des longueurs de bouche surprenantes, le domaine Giachino c'est tout ça...et tout simplement un grand en Savoie.


jeudi 10 septembre 2020

Un vin plein ...... de délicatesse

Et Hop'là me voilà parti au bout du monde, enfin au Domaine du bout du monde. C'est Dominique, le caviste breton du cellier du Régal's, qui m'avait dit: "si tu aimes les vins de Jean-Francois Nick tu devrais goûter une cuvée d'Edouard Laffitte". Et il a eu raison car ce 2018 (grenache, syrah et un peu de carignan) est un vrai régal avec dès l'ouverture le nez qui part sur un joli bouquet de fleurs où des violettes éclatantes et omniprésentes envahissent aussi la bouche. Une bouche ronde, lisse, tendue, intense, suave, persistante, et finissant sur une belle acidité accompagnée d'une impression de sucre (mais ce n'est qu'une impression): vraiment top ce hop'là. 

 Une belle rétro sur le zan et la violette donne encore plus de relief après 1/2 heure à ce jus légèrement trouble mais tellement attirant, gourmand, vivant, précis.

Des moments délicieux s’enchaînent avec une sensation d'eau qui arrive puis la terre et la cannelle réveillent mes sens ..... une grande vague m'emporte avec elle dans les profondeurs d'un océan de fruits qui rend ivre tous les dauphins qui m'entourent ...... enfin c'est bon quoi !!!
Deux jours plus tard j'ai la mine de crayon de papier qui s'est associée au zan pour un vin moins complexe mais qui donne encore un peu de plaisir.

Un vin plein ...... de délicatesse donc, qui exprime la "modernité" des vinifications carboniques sans artifice tout en me rappelant les vins de Jean-Francois Nick effectivement, mais aussi ceux d'Eric Pfifferling ou de David et Nadia en Afrique du Sud pour sortir un peu de nos frontières. 




lundi 3 août 2020

Trois mots pour un caviste de folie....... euh de Faou !!!

Bretagne, crêperies, bières, pluie, soleil, nuages, froid puis chaud et ... cave. Tout ça dans la même journée est possible lorsque l'on est "au bout du monde" comme il disent là-bas.  
J'avais déjà rencontré un caviste intéressant il y a quelques mois en passant du coté de la cave de la presqu'île à Crozon. Je dirais que c'était une premiere bonne étape.

Il y a quelques semaines, lors d'un séjour un peu plus long, je me suis attardé au cellier du Régal's chez Dominique Keruzoré. C'est un jeune caviste puisqu'il a repris la cave il y a seulement 
3 ans. C'est la passion qui l'a poussée à changer de direction professionnelle.
Il fait partie des cavistes qui font tout pour partager leur amour du vin et c'est vraiment que du plaisir lorsque l'on rentre dans son antre. Beaucoup de références de toutes les régions de France et d'ailleurs aussi, avec essentiellement des vins d'auteur, proche de la nature ou au moins en bio... que du bonheur quoi. 
Et puis Dominique est souvent prêt à ouvrir une quille juste histoire de boire un bon canon comme ce superbe Bourgogne du clos des vignes de Maynes qui nous a embarqué sur une finesse infinie, in..fi...nie...
Une merveille de grande classe pour cette cuvée 910, l'année de naissance du Clos qui n'a vu aucun intrans ni produit chimique depuis... Un voyage, un bon en arrière de plusieurs siècles qui nous dévoile ses origines. 
Et puis La folle blanche de Marc Pesnot nous dévoile ses douceurs d'agrumes, tendu par une flèche d'acidité qui reveille notre gourmandise. Du grand art en pays Nantais. 
Et puis je pourrais continuer des heures avec les vins d'Elian Da Ros, de Jean-Francois Nicq, d'Edouard Laffitte, de Dominique Hauvette, du JONC-BLANC et de Barral.... et de tant d'autres.
Hier j'ai ouvert un vin sicilien que Dominique m'avait conseillé, la cuvée SP68 d'Ariana Occhipinti.
Une belle fraîcheur caractérise un nez franc et net dès le départ avec l'impression d'être sous une cascade tellement mes sens se mettent en éveil. 
Je suis sous l'influence de la noisette, la prune et un léger voile de fumée de cigare passe.
En bouche, la matière est légèrement granuleuse avec une finesse qui contrebalance tout. Des fruits écrasés et une acidité qui vous promène le long d'un fil avec toujours cette finesse qui revient et vous embarque vers la précision et la tension: c'est Waouh !!!
Le nez est maintenant complètement ouvert, un jus de raisin qui vient juste d'être pressé met en valeur la matière et laisse aussi une belle place à une fraîcheur mentholée, au café et à un beau noyau de cerise.
Ca se boit tout seul mais c'est aussi un vin taillé pour passer quelques années en cave. 
Une belle découverte.
Voilà, si vous allez en Bretagne, au lieu d'aller "au bout du monde", arrêtez vous chez Dominique, le caviste du Faou, il y a chez lui de quoi faire quelques provisions sympas pour remplir votre cave de bouteilles pleines de bonheur... ou de folie.


  



dimanche 31 mai 2020

L’âme de la terre

L’âme de la terre c'est un vin qui vous embarque avec lui dans la terre, là ou ses racines plongent depuis plus de cent ans puisque c'était même à la fin du dix-neuvième siècle pour ces vieux carignan qui bien souvent ne donnent plus qu'une seule grappe par pied …
C'est une bouteille qui pourrait vous transporter avec elle sur tous les océans, vers des épices d'Inde, 
des senteurs rencontrées à Cuba au détour d'une rue dans la vieille Havane ou des souvenirs d’effluves de votre enfance, à la campagne dans le petit bois derriere chez "mémère Pomme"...
C'est un breuvage qui fait voyager votre âme et vous pousse à ouvrir votre cœur en vous envahissant…

C comme ça! 2014 est tout ça à la fois et même plus encore…

C'est parce que je rencontre parfois ce genre de nectar rare que ma passion pour le vin est toujours intacte depuis plus de vingt ans maintenant.

C comme ça! c'est pas du vin, c'est l'âme de la terre dès l'ouverture de la bouteille avec un nez super complexe et des arômes qui tapissent tellement le verre que l'on a l'impression qu'une planisphère s'est imprimée sur ses parois ou qu'une mappemonde y tourne en vous passant en revue tous les arômes de la terre… 
C'est aussi un voilier qui passe au large, une voile qui flotte au vent avec des arômes de cacahuète et d'amande sur un bref instant.
La bouche est concentrée mais tendue aussi avec une acidité de folie qui emmène la matière sur un long moment pour arriver sur une rétro où le zan s'étale et reste pendant une trentaine de secondes. Je ne suis plus sur terre…
Les tanins qui accompagnent le tout commencent à s'assagir et laissent transparaître un coté sauvage.
Au nez, une belle fraîcheur fait son apparition et c'est le défilé qui commence avec cet arôme de terre omniprésente, l'aneth, la groseille "en pommade", des pétales de rose, le jasmin sur un court instant. Des arômes juste saupoudrés et pourtant l'intensité est là puisque le tout reste un long moment dans le verre même lorsqu'il est vide.
J'ai aussi en continu un sentiment qui se dégage, l'impression que c'est un apothicaire qui a fait cette boisson, pour soigner notre âme.
Deux jours plus tard, le vin est toujours très vivant avec du cuir neuf au départ puis ensuite une belle orange sanguine, un peu de senteur de papier buvard, la banane et toujours… la terre… et puis la pèche, de l'eau de vie, des raisins écrasés, le buis, la framboise… une complexité complètement folle avec des arômes qui s'offrent à volonté et laissent l'imagination vagabonder, décoller…
Le dépôt au fond de la bouteille est plein de bonheur même pour celui qui ne s'y est jamais essayé…
J'ai trouvé l’âme de la terre dans ce vin et si vous voulez pouvoir un jour faire le tour de ses arômes ou juste en découvrir quelques extraits, "sentir" cette terre et peut être rentrer dans ses entrailles, c'est vers ce type de vin qu'il faut se tourner. En tout cas c'est certainement la bouteille qui m'a le plus marquée sur ces dix dernières années et elle hante encore mes pensées alors que je l'ai bue il y a plus de quinze jours.
Merci à Frédéric Palacios de faire des vins qui sont comme lui, proche de la terre, avec une âme particulière... ça rend la vie différente et si belle.




mercredi 20 mai 2020

Trois mots pour un vin: J'en ai déjà bu hier...

J'avais acheté deux bouteilles de Romain Paire (Domaine des pothiers) à La cave de la presqu'île, un caviste de Crozon fortement recommandable. J'ai bu la deuxième hier et je vais vous en parler car elle était aussi bien que la première que j'avais bue avant hier qui était aussi bonne que celle que m'avait ouvert Franck il y a quelques jours...
Enfin je vais vous parler de J'en ai déjà bu hier.., c'est le nom de la cuvée !!!
C'est un 100% gamay de 2018 et le nez est discret à l'ouverture puis la douceur de l'amande arrive tout en ... douceur.
L'attaque en bouche très souple est suivie par un coté pointu qui reste là, comme un chapeau chinois rempli de vin qui inonderait vos papilles. La finale est épicée.
Après une heure les herbes fraîches, le thym et une belle acidité d'orange sanguine réjouissent mon palais.
Un vin à boire sur deux jours pour coller à l'étiquette et découvrir le coté juteux de ce vin vivant.
C'est jeune, simple, très accessible, c'est bon et tellement évident. C'est ça un beau vin.
Une belle découverte pour moi.