mercredi 25 mai 2016

Bàcaro, so what?

Manuel est un chercheur de trésor mais pas celui qui brille et vous éblouit trop, non non celui que l'on peut trouver dans une bouteille de vin lorsque son créateur y a mis tout son cœur en respectant ce que la nature lui offre. Les artisans vignerons sont donc à l'honneur sur le comptoir du Bàcaro, le bar à vin qu'il vient d'ouvrir sur Toulouse il y a quelques semaines.

So what?
Et bien l'ambiance jazzy feutrée fait que l'on y est bien au Bàcaro. On peut boire un verre tranquillement et si on a une petite faim, les assiettes gastros sont vraiment alléchantes et originales.
Et alors les vins?
Si vous voulez faire le tour de France avec un verre à la main, c'est possible.
Le colombard de Dominique Andiran vous guidera vers les rouges d'Elian Da Ros, pour poursuivre vers La Loire. Là on peut faire une pause avec "les clous" du Domaine Saint-Nicolas ou bien continuer son chemin vers l'Alsace de Christian Binner puis descendre tout droit dans le sud et atterrir doucement sur les fabuleuses cuvées d'Eric Pfifferling du coté de Tavel. Enfin bref la liste est longue.
Et puis si vous voulez voyager encore plus loin, il y a des vins oranges d'italie, les grands breuvages de la charmante Elisabetta Foradori qui bichonne 16 hectares dans la région du Trentin ou bien les rhums Martiniquais de chez Neisson, vous savez la bouteille un peu carrée qu'on appelle Zépol'Karé là-bas.
So, what else?
J'ai goutté le perroquet, un poisson que je n'avais plus mangé depuis au moins dix ans et qui m'a renvoyé aux Antilles à la première bouchée. C'est plutôt bon signe. Les oursins m'ont aussi bien plu même si la quantité était un peu juste sur ce menu qui m'a quand même apporté beaucoup de plaisir car il allait crescendo avec 5 assiettes où l'on sent pas mal de travail et surtout de l'originalité.

Au final c'est un endroit à découvrir avec un guide intentionné qui sera vous faire partager un peu de sa passion pour les vins.
Bonne chance à toi Manuel...


jeudi 7 avril 2016

Trois mots pour un vin :"Crémant rosé de Limoux"

Le "Crémant rosé" de Monsieur S est un brut naturel AOP de Limoux qu’Étienne Fort élabore pour la première fois sur le millésime 2014. Il a été dégorgé en Mars 2015.
C'est un jus de pinot noir.

Le premier mot qui me vient sur cette cuvée est douceur
car c'est ce qui accompagne cette bouteille du début à la fin.
De la couleur patinée saumon aux petites bulles caressantes
de la bouche en passant par le nez tout en délicatesse,
tout est douceur.
Non dosé, comme d'habitude chez Étienne, c'est ce qui permet d'avoir beaucoup de fraîcheur en bouche. Ce sont donc les sucres résiduels naturels et non pas un ajout de liqueur qui "apportent" ces charmantes petites bulles pour en faire un crémant.
Le pamplemousse est centre d'un nez enrobant où la noisette est présente avec l'amende douce.
L'ensemble de cette cuvée est sur la finesse et dégage de la classe, la bouche persistante m'emporte vers un effet-mer moment de bonheur, comme si ces bulles pouvaient renfermer l'apparition soudaine d'un sentiment, l'émotion d'un premier baiser ou l'apparition d'une nouvelle d'une vie ...
Un pet'nat' dont je suis vraiment fan.
Il faut aussi absolument goûter le rouge de Monsieur S, une autre façon d'aborder la syrah,
une cuvée qui se "glougloute" comme rien d'autre tout en vous caressant soyeusement le gosier.
Une bombe de plaisirs quoi !!!
Étienne Fort confirme avec ses deux nouvelles cuvées que malgré sa jeunesse il est déjà bien installé sur le haut du panier de ce qui se fait dans la vallée de Limoux.






vendredi 19 février 2016

Trois mots pour un vin : "A chacun son goût"

"A chacun son goût" est un blanc de Thierry Gout issu d'un cépage métisse que l'on trouve de temps en temps en Languedoc, le chasan, croisement d'un papa chardonnay et d'une maman listan.
Naturel est le premier mot qui me vient tellement cela convient bien aux vins de Thierry et plus particulièrement à cette cuvée. Il reste certainement un peu de sucre, le gaz est présent à l'ouverture mais "pas plus", ce n'est quasiment pas filtré et la vinification est sans souffre:
un vin nature qui évite le piège de la pomme au four trop souvent présente sur ce type de vinification !!!
Le kumquat est présent dans cette bouteille avec le côté acidulé et légèrement amer de ce petit fruit.
C'est assez rare de rencontrer cet agrume dans un vin et du coup cela le rend singulier.
Une bouteille gourmande qui donne beaucoup de plaisir sans que l'on puisse s'arrêter d'en boire.
Voilà donc pour 8€, un vin qui peut vous donner un peu de bonheur avec une belle simplicité.

Ce vigneron fait aussi une carthagène, sans le h en Occitanie, assez incroyable qui est issue à 100% de son domaine de La Saulsaie puisqu'il utilise le moût de ses raisins et sa propre eau de vie pour confectionner ce breuvage si particulier.
A découvrir ...

mercredi 3 février 2016

Impressions de salon

Comme tous les ans, je suis passé sur le salon du vin de mes amis à Verchant et j'ai passé une très bonne journée. Tout d'abord parce que j'ai rencontré des vignerons et que c'est toujours plaisant et instructif, même si sur un salon ils peuvent être un peu moins accessibles que lorsqu'ils sont dans leurs vignes. Ensuite parce que j'y ai retrouvé un ami, que je n'avais pas vu depuis longtemps et qu'il vient d'ouvrir .... un bar à vin !!!!!
Commençons par le salon et les vins qui m'ont le plus marqué.
Melonix 2014 de Jo Landron, un blanc issu du cépage melon de Bourgogne qui respire la minéralité et m'envoie une belle poudre crayeuse sur la langue. Pour le reste c'est l'interminable longueur qui me fait revenir encore et encore à ce vin ponctué par une note saline. un très beau vin.
Les Arminières 2013 du Domaine de la Garance portent haut les couleurs du carignan. La clarté du jus, d'une élégance et d'une finesse rare sur ce cépage, interpelle tout de suite l'amateur de vin sudiste qui sommeille en moi. Un vin qui transpire le terroir avec deux mots qui résonnent en moi : graphite et minéral.
Pierre Quinonero fait aussi un blanc très atypique à base de vieux pieds d'ugnis blancs, un vin qui ne ressemble à rien de ce que j'ai déjà bu. Ses vignes bénéficient de sols très particuliers comme les villafranchiens qui sont les héritiers d'anciens volcans. Il faudra que je lui rende visite à l'occasion.
"Les bulles" d'Etienne Fort m'ont encore ravies et je me suis laissé surprendre par sa dernière cuvée, un rosé pétillant issu de pinot noir. C'est fin, toujours non dosé, avec beaucoup de fraîcheur en bouche et ça descend comme rien d'autre. La mise aura lieu en Mars alors je crois que je vais retourner compléter ma cave du coté de Roquetaillade au printemps prochain.
J'aurai pu aussi vous parler du "Zinzin" de Mathieu Dumarcher, du "Quitte ou double" de Frédéric Palacios, de "La dentelle" de Guilhem Barré, du blanc de Didier Barral, d' "arbalète and coquelicots" de Jean-Baptiste Senat, des carignans que Dominik Huber bichonne dans Le Priorat, du blanc d'Edouard Fortin, "les petits cailloux" et de bien d'autres tellement le niveau de ce salon était élevé.

Sinon, je vous dis quelques mots du bar à vin que Manuel vient d'ouvrir il y a quelques jours sur Toulouse. Bàcaro, c'est avant tout des vins d'artisans mis à l'honneur et un peu plus d'une vingtaine de couverts pour pouvoir profiter pleinement des accords mets vins à partir d'une cuisine de saison. Voilà, je vous en parlerai un peu plus qu'en j'y serai passé mais en attendant, j'espère que ce beau projet sera une réussite, alors merde à toi Manuel !!!






dimanche 27 décembre 2015

Porto ou Porto?

Cela fait quelques années que j'avais envie d'aller découvrir un petit bout du Portugal, et bien c'est fait et je ne suis pas déçu car les gens sont d'une gentillesse incroyable et la barrière d'une langue dont je ne connais que le mot Porto n'y a rien fait. C'est donc en me demandant si j'allais préférer le vin d'une bouteille de Porto ou la ville du même nom que j'ai pris l'avion pour Porto afin d'y passer quelques jours.



Nous avons séjourné dans une maison d’hôtes, Canto de Luz, oû tout était parfait. La bâtisse, rénovée par un couple de Marseillais qui vit là-bas depuis 3 ans, est pleine de charme et les petits déjeuners juste incroyables tellement Brigitte et André y mettent tout leur cœur.
Leurs conseils avisés nous ont aussi permis de visiter Porto en sortant un peu des circuits parfois trop touristiques. La ville est pleine de contraste avec une boutique très moderne qui peut être à quelques mètres d'un "bazar" ou l'on peut trouver tout ... et n'importe quoi ....... en faisant un bon de 50 ans en arrière. L'ambiance des rues, le coté vieilli de certaines bâtisses et l'océan juste à coté rappellent par moment La Havane.
Le centre portugais de la photographie est un endroit insolite et surprenant puisque les expos se font dans une ancienne prison ...
Juste à deux pas de là, un autre endroit interpelle, Brick Clérigos, un restaurant/bar à tapas. C'est l'atmosphère qui y règne qui fait que si vous commencez à y mettre ne serait-ce qu'un orteil vous voulez y rester. Une fois installés, les produits servis sont de qualité et bien travaillés et vous commencez à discuter avec un voisin de table, vous prenez des photos et vous y passez 2 heures de bonheur dans une ambiance de partage et de convivialité.
Une ballade à vélo sur les bords du Douro nous a aussi permis de sentir encore mieux la ville et ses habitants, d'aller flâner jusqu'à l'océan et de traverser le fleuve en bateau pour voir un peu Vila Nova de Gaia et ses grandes maisons de Porto qui distillent leur breuvage aux touristes. Ce n'est pas là que j'ai trouvé quelques flacons à mettre dans mes valises.
Le soir venu, une autre adresse est vraiment à découvrir. Nabos da pucara est une épicerie qui fait restaurant. Les produits sont vraiment sélectionnés avec beucoup d'attention et le chef Hugo Rocha travaille le tout avec beaucoup de finesse. En plus il parle Français puisqu'il a exercé en Suisse. A ne pas louper donc.
Et le vin de Porto me direz-vous.
Et bien pour le vin, je suis allé ... au milieu des vignes, à Pinhao, un petit village qui vit encore au siècle dernier.
Tout d'abord je me suis arrêté sur la cuvée Ruby d'un domaine presque confidentiel mais qui me parait être digne d'intérêt. Quinta Do Infantado est un peu sur les hauteurs de Pinhao et même si le vigneron ne l'affiche pas, les vignes sont conduites en bio voire en biodynamie.
C'est une explosion de fruits frais qu'offre cette cuvée. Une superbe cerise, des fruits noirs et une note chocolatée relevée par une petite pincée de menthe.
La bouche est vineuse et ronde avec un équilibre qui rend le vin incroyablement gourmand. Un vrai bonbon à boire  sans modération quand on sait que le prix au domaine ne dépasse pas les 9€.
Et puis j'ai aussi découvert le domaine Muxagat Vinhos au travers d'un TINTO 2011 qui m'a beaucoup plu. Son nez est plein de fraîcheur grâce à une feuille de menthe qui enveloppe le chocolat, la cannelle, la figue et une belle orange confite. En bouche le volume et la matière sont équilibrés par une fraîcheur insolente pour les 15° affichés. Les tannins sont bien intégrés et la longueur prolonge le vin sur un bon moment ponctué par une agréable rétro sur l'orange confite. Un beau noyau de cerise dominera le nez après une aération prolongée. Une image de ce que peut être un beau vin rouge du Douro.
Voilà, après une semaine passée au Portugal je peux donc répondre à la question de Porto ou Porto par ......
VIVE le Portugal !!!


vendredi 6 novembre 2015

Les caresses d'un blanc qui calme l'esprit ...

Il y a quelques temps je suis passé voir France Crispeel dans son petit village des Pyrénées Orientales de Cassagnes. Il était 10h30 et elle venait de passer 4 heures dans ses vignes à biner les mauvaises herbes qui envahissent l'interceps. Son approche de vigneronne près de sa terre et les différents échanges qui ont jalonnés ma visite me laisse à penser qu'elle est passionnée par ce qu'elle fait. Sa réflexion la pousse vers différents essais et lorsqu'elle apporte des amendements à base de fumier à ces sols et que ceux-ci l’intègre mal elle part sur une autre voie et privilégie plutôt la polyculture. Elle observe beaucoup la nature et sa démarche est déjà bien aboutie. Cela ne l'empêche pas de voir plus loin en voulant développer le domaine pour que son approche de la biodynamie ait encore plus de sens.
Elle recherche la finesse et la pureté sur ses vins et ses rouges ont pas mal de caractère.
"Peau rouge" et surtout "Ultra violet" en "version" sans souffre sont des cuvées qui devraient intéresser pas mal de monde car elles sont tout en touché. En grand fan de son rosé qui m'avait complètement renversé il y a deux ans avec un coté baroque assez inattendu, je savais qu'elle devait avoir bouché son millésime 2014 quelques jours avant mon passage. Seulement voilà,
le vent qui venait de la mer ce jour là ne lui plaisait pas, alors elle l'a reporté à un autre jour fleurs du calendrier lunaire, la semaine prochaine ... dommage pour moi !!!
Elle n'a plus que du macabeu en cépage blanc et a replanté 2 hectares de grenache gris qui rentreront bientôt dans la cuvée White spirit.

C'est cette cuvée que j'ai ouverte le week-end dernier pour accompagner une belle petite dorade coryphène de 2kg qui venait de chez Jean-Michel Sauzède un poissonnier de Lézignan.
Si vous ne connaissez pas ce poisson, il faut absolument y goûter un jour car sa chair est vraiment goûteuse. Moi je fais des darnes que je mets en papillote avec une marinade à base de lait de coco, fruit de la passion, citron vert et oignon pays. Un passage au four pas trop long (maxi 20 minutes) pour que sa chair soit encore bien moelleuse et le tour est joué.
Bon revenons à ce macabeu 2013 du vignoble réveille.
J'ai immédiatement eu l'amande et la noisette qui sont venues me chatouiller les narines. Ensuite le vin saupoudre ses aromes fins, pleins de charme.
La bouche est fraîchement épicée avec une acidité qui ne tranche pas (on est sur un vin du Sud, c'est donc plutôt normal) mais qui enveloppe le tout comme une caresse sur une longueur intéressante ...... très intéressante, que ponctue une rétro sur le citron ...... une rétro qui dure et finit sur des petits cailloux. WHAOU !!!
Un très léger gras donne maintenant beaucoup de classe et de hauteur à ce vin qui part sur la mandarine par moment.
Le nez est tout en touché avec une tisane de fenouil et du poivre blanc.
La lenteur arrive et m'inspire:

la mer est calme,
une vague flâne de temps en temps
le calme dans la baie
laisse s'écouler le temps

la mer est comme une lac
elle calme mon âme
la baie est belle
mon âme divague ... 

C'est l'abricot qui prend maintenant une grande place en bouche, longuement.
Une impression de glace cassis/citron reste aussi sur mon palais qu'une petite pointe de sel a réveillé.

Si l'esprit des hommes pouvait ressembler à l'esprit de ce blanc ...

C'est parce qu'il y a des vins comme celui-là et des vigneronne comme France Crispeels
que mon blog existe. Ses vins ont de la personnalités et c'est pour cette raison qu'il faut
les découvrir ...... si ce n'ai pas déjà fait.








dimanche 4 octobre 2015

COUCOU

Après 3 mois sans prendre de notes lorsque j'ouvrais un flacon, histoire de faire une petite pose avec mon blog, de me ressourcer et de boire du vin juste pour le plaisir d'une bonne bouteille, quoi de mieux que cette cuvée Coucou blanc 2012 d'Elian DA ROS pour reprendre la plume.

Bouteille ouverte directement en sortie de cave et qui autant le dire tout de suite m'a scotchée.
Le nez s'exprime sans excès sur la mangue, la papaye et l'ananas. Il y a un gros volume en bouche et la fraîcheur empêche le vin de tomber dans la lourdeur. Une rétro sur le citron puis la violette pique ma curiosité. Le vin vit et il faut maintenant aller chercher le nez qui s'étale avec des aromes qui viennent tour à tour,
comme si ils faisaient des ricochets mais au ralenti.
Les aromes sont d'une grande pureté, nets et précis:
c'est splendide !!!
Le citron confit arrive dans la valse des aromes avec le cassis enrobé par une noisette dominante .....puis d'un seul coup la framboise EXPLOSE dans mon verre et
j'ai l'impression d'embrasser ce vin sur la bouche, sur ses lèvres rougeoyantes et frémissantes de plaisir. 
Le calme revient avec un nez et une bouche qui sont maintenant sur le registre de la finesse et un abricot sec arrive pour me surprendre.
Il y a de la retenue aussi sur ce vin, comme de l'humilité, celle qui caractérise les grands hommes.
Quelle complexité, quelle ampleur, quelle fraîcheur, quelle classe !!!
Le lendemain, un couple poire/gingembre s'est formé pour le bonheur de mes papilles.
C'est toujours aussi fin et en bouche il y a un peu de gras qui répond au coté épicé du gingembre.
Les deux sauvignons (blanc et gris) qui composent ce vin sont ramassés à maturité. Quant au sémillon qui rentre à 30% dans sa composition, Elian le pousse jusqu’à la surmaturité qui donne la pleine expression de ce cépage emblématique du Sud-Ouest.
Je crois qu'il faudra que j'aille rendre visite à Elian Da Ros prochainement pour "toucher" de plus près tous les détails qui font de ce Coucou blanc un Grand vin !!!