dimanche 14 décembre 2014

Un "autre" sauvignon

La plupart des blancs à base de sauvignon ont cet arôme de bourgeon de cassis qui standardise un peu trop ce cépage.Cela n'empêche pas que je peux me régaler avec ce genre de cuvée lorsque ce n'est pas trop sulfité.
Par contre j'ai rencontré dernièrement une cuvée de chez Pascal Jolivet qui sort de ce carcan, un sauvignon comme on n'en rencontre pas souvent, très mur qui m'a fait voyager ......

Le clos du Roy 2009 est un Sancerre dont le nez s'étale toute en largeur avec la poire, le litchi et des fruits de la passion. Il y a aussi beaucoup de finesse et la délicatesse me transporte au bord d'un Mékong complètement recouvert de pétales de rose et qu'une épaisse brume enlace. Une pirogue m'attend avec à son bord une personne, impénétrable, dont la tête est complètement cachée par "un chapeau chinois". Elle me fait signe d'embarquer et malgré tout le mystère qui entoure "ce tableau", devant moi, je ne sais pas pourquoi mais je succombe à l'attraction de ce grand fleuve et me laisse happer par ce voyage vers je ne sais où ...
La bouche est pleine, grasse, avec le volume d'un vin sudiste et une acidité qui sert de fil et qui emmène le vin sur une bonne longueur jalonnée par des fleurs et une clémentine. Une énorme rétro sur les pétales de rose finit de me rendre dingue de ce vin !!!
Lorsque l'on y revient, on s’aperçoit que la fraîcheur est là aussi et qu'avec la belle acidité qui prend plus de place en bouche maintenant, on prend beaucoup de plaisir en buvant ce vin. Il me rappelle aussi que l'on n'est pas obligé de tout le temps aller chercher les aromes mais que l'on peut juste boire sans s’arrêter tellement c'est bon. Ça descend tout seul quoi !!!
C'est la première fois que je découvre une cuvée de Pascal Jolivet dont je n'ai entendu parlé que trop rarement. C'est mon Sancerre de référence et je mesure bien la démarche de ce vigneron au travers de cette bouteille qui apporte une autre vision de ce que peut être le sauvignon.



vendredi 21 novembre 2014

Un nouveau de chez Foillard

Commercialement parlant, le Beaujolais nouveau est un événement bien mené avec des milliers d'hectos de jus de raisin qui arrosent la France, les pays asiatiques et je ne sais pas qui d'autre.
Gustativement parlant je suis par contre plus septique pour une grande majorité des bouteilles qui sont plus d’infâme jus que du vin, même si le mot nouveau peut leur donner quelques excuses ...
J'ai mangé à la cantine de mon travail hier midi et il y avait sur la table une bouteille de Beaujolais nouveau avec sur l'étiquette la tour Eiffel. Sur le coup j'ai cru qu'un carton à destination du Japon avait été mal aiguillé ... mais non c'était pour nous.
Alors ce goût de banane ...
Normalement je ne goûte pas ce genre de bouteille mais là je me suis dit : ''allez Christian, si tu veux en parler, il faut au moins y goûter"
Alors j'ai pris une gorgée et j'ai vite laissé le reste à mes voisins de table car je pense que ma dose de sulfites journalière était déjà dépassée ...

Hier soir je suis quand même passé chez Benoît, un caviste qui tient L'entre vin sur Revel et dont j'ai déjà parlé ici. Je suis ressorti de chez lui avec quelques bouteilles dont un Beaujolais nouveau de chez Foillard qui était sur ma table le soir. A l'ouverture, le vin parait juste sortie de la cuve (c'est plutôt un compliment) et la bouche est dangereusement gouleyante, à tel point que je me sers déjà un deuxième verre ... dans lequel le vin prend maintenant une belle place, avec un citron vert qui domine et une bouche toujours aussi avenante, à tel point que je me sers déjà un troisième verre ... qui a un nez complexe et une bouche qui est complètement tapissée, pour un vrai vin avec du fond.
Je n'en demande pas temps à un beaujolais nouveau mais j'ai pris beaucoup de plaisir avec cette bouteille gourmande, dangereusement gourmande.

Pour conclure, si je veux avoir un goût de banane en bouche j'en mange une et si je veux un bon Beaujolais nouveau,
Jean Foillard en a.




dimanche 12 octobre 2014

Coume Marie: un sommet Catalan

La Préceptorie est un domaine de la Famille Parcé qui est maintenant aux mains de Joseph Parcé, un jeune vigneron qui "fait son vin" à la vigne avec une démarche bio et des sols travaillés au cheval. Je n'en sais pas plus car je ne l'ai jamais rencontré.
Par contre je connais maintenant sa cuvée Coume Marie 2013 en blanc.
Un vin qui ne renie pas ses origines avec ses 14.5 degrés (mais ils sont complètement transparents) et qui porte haut les couleurs du Roussillon.
A l'ouverture le nez "pétrole" tellement bien, qu'il masque tout le fruit et laisse seulement transparaître une odeur de pain frais.
La bouche a une belle attaque arrondie par l'alcool qui par contre ne procure aucune sensation de chaleur. L'acidité est la véritable colonne vertébrale du vin. Elle est superbe, longue et persistante à tel point qu'elle titille le milieu de ma langue sur plus de 30 secondes .......Waouh, c'est beau et pur !!!
Au deuxième verre, le nez développe toute la complexité des arômes que renferme cette bouteille avec un petit citron, une belle pèche, de l'amande douce et du litchi. Le tout s'étale tout en largeur, avec en bouche un passage furtif de terre humide et une rétro sur la coriandre qui finit de me convaincre et m'emporte:
les grosses aiguilles d'une horloge géante planent comme une ombre au dessus de cette bouteille. Une "horloge pressoir" qui toute les secondes écrase les raisins, un par un, lentement, pour en faire sortir toute la vie et la complexité, en extraire toute la quintessence...
 Si un jour je déguste à nouveau ce vin d'exception et que j'ai les mêmes sensations, je pourrai dire que c'est un grand vin.
A boire sur une bonne heure pour bien voir le coté vivant.



dimanche 14 septembre 2014

Lâche pas la grappe

Ça fait deux mois que j'ai trouvé un caviste sur Carcassonne qui correspond à mes goûts, un bar à vins oû je peux boire un verre le soir en toute simplicité avec quelques tapas et une "cantine" du midi ou les plats mijotés me régalent.
Tout çà au même endroit en plus, elle est pas belle la vie. Depuis qu'Arnaud et Jean-Marc ont ouvert
Lâche pas la grappe, j'en ai fait mon "QG".
J'aime bien l'ambiance qui y règne avec cet esprit de convivialité et de partage qui fait que l'on peut boire un verre avec un vigneron qui vient faire goûter sa dernière cuvée mise en bouteille avec modestie ...
Les vins des vignerons de Changer l'Aude prennent une belle place dans la cave et on peut aussi découvrir d'autres pépites audoises avec des petits jeunes comme Romain Pion ou les hauts-perchés du Minervois comme le domaine Monts & Merveilles.
J'ai dégusté tranquillement leur cuvée "Les petits bouchons" tout dernièrement. Le nez donne une belle noisette à l'ouverture et l'orange amer l'accompagne. La bouche oscille entre du gras et une belle acidité rehaussée par un coté épicé.
Il y a du volume et la rétro sur la mandarine qui titille mes papilles finit de me convaincre.Un petit domaine (3.3 hectares) à découvrir d'urgence.
Sinon on peut aussi sortir de la région avec les vins de Fabien Jouves, Marcel Richaud, La grange aux belles, la petite baigneuse .....
enfin passez y, vous verrez bien.
Moi j'y vais demain parce que je dois aller goûter la dernière cuvée qu'Arnaud vient juste
de rentrer, un 100% aramon du Domaine Poivre d’âne qui a un bel arôme de mine de crayon
il paraît !!!

mercredi 6 août 2014

France Crispeels, la "peau rouge".

A chaque fois que j'ai rencontré France Crispeels sur un salon, j'ai été surpris par ses vins plein d'identité, des jus comme on n'en croise pas souvent. Et puis la vigneronne a le regard droit et traversant, avec tout de suite beaucoup de franchise dans ses propos, de la modestie aussi, j'aime bien.
Comme je n'ai toujours pas pris le temps d'aller la voir, là bas sur les hauteurs du canton de La Tour de France, et que je ne croise pas souvent un flacon du Vignoble RÉVEILLE, je n'ai jamais pu m'arrêter vraiment sur un de ses vins. Sauf il y a quelques jours, lorsqu'un copain (merci Jacques) m'a ramené cette bouteille trouvée du coté de Prades, dans une biocoop.
J'ai ouvert "peau rouge" 2012 donc, une cuvée de carignan et syrah et je suis encore "envahi" par ce vin quatre jours après l'avoir bu. C'est très bon signe ...


Le nez "transpire" le sol dès l'ouverture, comme si l'on plongeait directement avec les racines dans la terre pour en extraire toute la force. J'ai l'image forte de ce sol recouvert d'une plaque métallique avec, comme posé dessus, un pied de vigne pourtant enraciné. J'ai aussi l'impression que l'acidité, accompagnée par des épices, arrive jusqu’à mes narines pour me les chatouiller.
Le vin vient se lisser dans ma bouche "soyeusement" lorsque je le déguste lentement.
Un raisin reste sur le milieu de la langue avec une très belle acidité qui répond à la sensation de douceur permanente. J'ai maintenant la langue entièrement enveloppée par une peau de raisin de toute beauté. L'aspect velouté du vin prend une grande place et c'est d'une telle gourmandise que je vois le fond de la bouteille arriver à toute vitesse.
Heureusement que "je joue" à domicile"!!!
Avec l'aération, le nez va prendre une expression un peu plus prononcée vers des arômes
de laurier, de ronces et de mures juste suggérées. Un silex effleure le tout ...
Une belle matière donne de l’opulence à la bouche mais n'empêchera pas le vin de garder
la fraîcheur des breuvages digestes. La petite pointe de sel qui fera son apparition me réjouit.
Et puis il me revient en tête cette plaque de métal qui lorsqu'on lui verse du vin dessus prend 
la forme d'un personnage à la "peau rouge", celle du raisin certainement, une espèce nouvelle, un être métallique avec une apparence "vivante", proche de la nature !!!
Je suis complètement conquis par cette cuvée qui m'a fait "voyager" sur plusieurs jours et que je classe dans les vins indispensables à rencontrer.
Il va donc vraiment falloir que je me décide à aller du coté de Cassagnes pour arpenter les vignes avec France Crispeels, même si au final je ne pense pas qu'elle soit une
"peau rouge".............. enfin c'est à voir ...



lundi 14 juillet 2014

La part de l'orage

Il y a une semaine j'avais la gorge nouée lorsque j'ai raccroché mon téléphone après quelques minutes passées avec Frédéric Palacios.
L'homme était touché dans sa chair :
un orage de 10 minutes sur Arzens et ses
 5,5 hectares de vignes complètement "broyés", sans feuille, les bois touchés, les grappes déchiquetées .... un moment douloureux dans une vie de vigneron.
Il n'y aura donc pas de raisins pour le Mas de mon père en 2014 et les bourgeons de 2015 sont atteints ...
Et puis la solidarité des vignerons de Changer l'Aude en vin s'est mise en place dans la semaine et d'autres copains les ont rejoint comme Marcel Richaud, Dominique Andiran, Fabien Jouves, Elian Da Ros ou Romain Pion.
Ces vignerons vont donner une part de leur vendange et Frédéric veut aussi acheter des raisins pour faire une cuvée 2014 car la survie du domaine passe par là.
Une cuvée "La part de l'orage" sortira donc à la fin de l'année des cuves du Mas de mon Père. Elle est en vente en primeur dès maintenant pour pouvoir faire face financièrement.
Et puis les 2012 en vente actuellement seront rejoint par les 2013 mis en bouteilles dans le mois d'août. Alors si vous voulez soutenir Frédéric, jeter vous dessus, cela l'aidera à passer ce cap difficile qui a fragilisé l'équilibre du domaine.
Je suis passé le voir dans ses vignes il y a deux jours et il a encore un gros pincement au coeur quand il voit ce que la nature a fait à ses 10 ans de travail mais il est prêt a repartir de l'avant.
La vie continue même si parfois c'est dur et que l'on veut bien un coup de main ...


Pour acheter la cuvée en primeur et les vins de Frédéric, contacter Le Mas de mon Père au 0468762307 ou par mail fmpalacios@orange.fr 
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dimanche 11 mai 2014

L'homme et la nature.

Cela me fait toujours un peu mal au cœur lorsqu'en pleine nature je vois une vigne qui "passe" à l'arrachage.C'est un peu du paysage Audois qui se meurt et certainement aussi un vigneron ou un viticulteur qui bien que très souvent passionné par son métier se résout à cette solution finale l’âme en peine. Alors il y a aussi ceux qui arrachent les vignes de coteaux pour garder celles de la plaine qui se travaillent plus facilement et demandent moins d'efforts car elles se "mécanisent". Enfin quand même, j'ai toujours un peu de peine quand je vois ça ...


Bien sur il y a aussi des vignerons qui replantent. Ils sont beaucoup plus rares et alors si vous cherchez ceux qui font ça à flanc de colline, là vous en avez encore moins.
Frédéric Palacios en fait parti et je suis passé le voir il y a quelques jours sur son massif de la Malepère. Il était dans ses vignes comme souvent et il passait la "tondeuse" dans une parcelle de sauvignon blanc qu'il a planté il y a tout juste 3 ans. Avec une autre vigne de chardonnay que l'on aperçoit tout au fond sur la photo, ce sont de nouveaux raisins blancs qui rejoindront bientôt la cave du Mas de mon Père.


C'est souvent le mot rentabilité qui mène ce monde et pour pouvoir le conjuguer à toutes les personnes il faut qu'il rime avec productivité.
A l'apposé une poignée d'irréductibles travaille toujours des petites parcelles de vignes en coteaux oû les coûts de productivité sont beaucoup plus élevés mais où l'on a souvent l'avantage d'avoir des sols drainant et où la roche est quasiment tout le temps présente. C'est là que naissent les raisins de qualité. C'est donc souvent en hauteur qu'il faut aller chercher 
LE vigneron, enfin si on n'a pas peur de mettre une bonne paire de bottes car c'était un peu gadouilleux dans les vignes ces derniers jours ... 
En faisant le tour de la vigne à pied, Frédéric m'a fait voir le puits Romain qu'il y a en bas de cette dernière puis j'ai une nouvelle fois fini au milieu des cuves avec lui. Les 2013 qui ont des belles acidités prennent leur temps car les malos ne sont toujours pas faites et comme la cave ne s'est pas encore vraiment réchauffée, il faudra attendre les beaux jours pour que les vins prennent leur "forme" définitive.
J'ai vraiment l'impression qu'ici c'est la nature qui commande et le vigneron qui accompagne simplement les choses avec philosophie ...