dimanche 15 mars 2020

La fille de la terre

Je suis content d'être passé voir Céline Oulié la semaine dernière sur ses terres car j'ai rencontré une femme complètement encrée dans son lieu de naissance, "rempli" par la terre, par sa terre nourricière comme elle dit.
Elle en parle avec une telle conviction de cette relation avec la terre qu'on aurait tendance à la croire lorsqu'elle nous raconte qu'elle n'est plus vraiment sure que sa mère l'ai réellement portée dans son ventre mais que c'est plutôt la terre qui est entrée en elle par les orifices de son corps pour lui donner la vie...
Une vraie relation avec la nature qu'elle a depuis son changement de vie il y a 7 ans avec un retour dans son village afin de prendre en main les vignes familiales.
Elle "décolle" un peu "la fille de la terre" mais ça me va bien.


Pour débuter, on a jeté un œil sur la vigne juste à coté du chai et comme ce jour là il y avait une vraie tempête on s'est retrouvé le nez au vent avec Céline qui éclate de rire, heureuse que les éléments naturels se manifestent: "C’est chouette la nature, hein !!!"
J'esquisse un sourire et lui dit: "Ouais, en plus tes vignes et les moutons à l’arrière en bas de la colline, ça donne vraiment quelque chose d'harmonieux. T'as raison c'est génial."
Les 20 hectares du domaine sont devant nous et forment comme un cirque avec 7 hectares de vignes, la forêt, les blés, la mare et l’étang: un bel endroit.
 Ensuite on a parlé de sa vie, de ses projets, de la poésie qu'elle voudrait mettre un peu plus au centre de ses préoccupations, de la biodynamie présente sur tout le domaine, des ruches sur la colline et comme il commençait à faire soif, on a aussi goûté les vins ...
On a attaqué par les rouges avec Pimpren'elle 2018, une macération très courte (4 jours) d'un assemblage de tannât, cabernet franc et cabernet sauvignon. C'est bien rond, fruité, et d'une telle gourmandise que l'on a envie d'en prendre un autre verre tout de suite mais le vin est quand même là pour un plaisir plein de fraîcheur. A glouglouter sans modération, enfin en tout cas moi je ne vais pas me gêner !!! Les sens de la vie 2017 est un vin rustique et assez nature brute que les années devraient bonifier. Je n'ai pas vraiment accroché avec cette cuvée que je n 'ai peut être pas compris... Réchauffement du climax c'est une image, un vin évident et racé, l'image du Madiran. Il pourrait servir d’étendard à l'AOC dans les prochaines années je pense. Un vin marquant sur lequel je reviendrai certainement dans les semaines à venir. OVNI est un blanc oxydatif qui en bouche vous balance la rondeur du reste de sucre qu'il n'a pas mangé (4 mg) et vous '"enrobe" comme personne. Un vin hors norme avec une belle noix fraîche qui survole le nez.

 Le deuxième blanc du domaine Les mets d’âmes,
je l'ai ouvert tranquillement il y a deux jours à la maison pour pouvoir m'attarder dessus et je n'ai pas été déçu.
L'OVE 2017 est un très beau Pacherenc-du-Vic-Bilh élevé en cuve ovoïde qui a la signature de la région avec des tanins fins qui restent élégamment sur le palais: c'est le petit corbu, le cépage local, qui me parle et résonne !!!
Le nez est sur des agrumes dés le départ pour ensuite devenir plus précis et dégager des arômes d'herbes fraîches et sauvages, la finesse d'un citron confit ou des petites touches de camphre après une demi-heure.
La bouche est exceptionnelle avec une attaque sur la rondeur de la malo qui est faite, de la fraîcheur, un fin piquant et une intensité tout en finesse qui s'étire vers une grande longueur pour ensuite vous traverser entièrement les joues en vous emportant vers un bonheur pur ...
Un vin qui va vivre avec des arômes de vanille et de gingembre qui arrivent pour donner encore plus de complexité. L'accord avec des asperges ou de l'araignée de porc accompagnée d'un gratin de blettes et pommes de terre était parfait.
Le lendemain rien n'a pas bougé et un bel effet pommadé vient compléter une bouche toujours aussi intense.
La force et l'identité de cette cuvée sont exceptionnelles !!!
Une rencontre avec Céline ou un de ses vins peut vous faire réfléchir voir vous bousculer un peu. Je suis sûre que ses vins vont me suivre pour un long moment et j'ai déjà hate de retrouver "la fille de la terre" lorsqu'elle fera du pain, du miel, ou bien pour goûter son pet nat qui sera bientôt en bouteille.



dimanche 9 février 2020

Trois mots pour un vin: Constellation 2014

Ce Constellation 2014, macabeu 70%, carignan blanc et grenache gris pour le reste, de Marc CASTAN m'a surpris ce midi. Ce vin était bon dans sa jeunesse mais le milieu de bouche qui tombait et emmenait l'ensemble vers une mollesse rédhibitoire faisait que le plaisir n'était pas présent en continu et du coup cette cuvée rentrait dans le rang des vins ou l'émotion manquait un peu.
J'avais gardé deux bouteilles de cette cuvée en cave et je me suis dis que c'était peut être le moment d'y revenir pour voir un peu ce que le temps avait bien pu lui apporter.
Et bien j'ai été très agréablement surpris car c'est un Constellation vraiment transformé que j'ai ... redécouvert.
Pour commencer, sa couleur jaune paille donne beaucoup d'envie.
Le nez est sur l'amande douce et la pierre avec un coté légèrement "piquant".
En bouche le "piquant" revient avec une belle acidité qui s'étale, accompagnée par une belle grosse densité  qui nous emmène vers du gras. Le miel, l'ananas et l'amande voyagent sur mon palais avant qu'une rétro sur l'abricot s'y fixe un bon moment.
Après une heure, j'ai aussi un vrai feu d'artifice d'étoiles filantes qui laissent un panache au citron meringué en bouche et de toutes petites touches d'anis par moment.
Voilà un vin qui demandait donc du temps pour atteindre son apogée et qui donne une belle image de ce que peut donner une cuvée composée majoritairement de macabeu.
A découvrir avec Marc, l'attachant vigneron du Domaine Mamaruta.