samedi 13 août 2016

Au delà des océans !!!


moi: Je vous embarque avec moi?
toi: Où ça?
moi: Loin, très loin de la France et en même temps toujours en France...
toi: Euh, en Polynésie peut être?
moi: Non non, même s'il y a du vin là-bas aussi, là c'est un peu moins loin. Cilaos vous connaissez?
toi: Non?
moi: C'est un village perché à 1200 mètres d'altitude qui se trouve au centre de L’île de La Réunion, à 11 heures de vol de Paris.
C'est seulement après 395 virages que l'on arrive dans ce cirque naturel oû les vignes y sont plantées depuis plus d'un siècle. Pendant l’hiver Austral les températures du matin oscillent entre 0 et 5 degrés pour culminer à 16 dans l'après midi. Un micro-climat qui permet d'avoir une vendange manuelle par an, entre Janvier et Février quand l'été a bien fait mûrir les raisins gorgés de jus.
C'est donc le premier vin français.
toi: Rien que ça !!!
moi: Et bien oui, quand on réfléchit un peu on s’aperçoit vite qu'a partir d'avril les jus sont prêts à être mis en bouteille, alors qu'en métropole les bourgeons sont juste en train d’éclore. Le premier vin français est donc Réunionnais.
Enfin ça c'est vrai si un cyclone n'est pas passé par là pour tout emporter sur son passage, parce que dans l’océan Indien cela arrive assez souvent ...

Tout le monde fait du vin à Cilaos mais je me suis arrêté sur le blanc du chai de Cilaos. Une quinzaine de vignerons se sont regroupés sous ce nom. Alors même si faire du vin sous les tropiques en essayant de garder un équilibre financier n'est pas une chose aisée au vue des faibles rendements,
ils s'accrochent à leur projet ambitieux, à l'image de  leurs pieds de vignes qui poussent dans les sols volcaniques de ces terrains accidentés. On ne parle pas de bio ici mais comme ils n'ont pas les moyens d'acheter de produits phytosanitaires, les coopérateurs trouvent des plantes locales pour faire des préparations en cas de maladie.
De la biodynamie sous les tropiques quoi.
Ce blanc sec issu majoritairement de chenin a d'entrée des senteurs de fleurs blanches pour ensuite basculer sur un nez exotique avec l'eau de coco, le citron vert et de l'ananas par moment. La bouche est tendue avec une bonne persistance qui se termine par une petit rétro sur la noix de coco qui est la bien venue car elle adoucit cette acidité presque trop tranchante. Le tout est homogène et les 12.5° d'alcool sont très bien intégrés.
Je n'avais jamais bu de vin issu de sol volcanique avant ce blanc et je suis surpris par cette cuvée qui me donne envie de me resservir. La comparaison avec un vin de métropole est assez facile à faire et je pense que dans une dégustation à l'aveugle, il passerait pour un vin de Loire même en étant un peu atypique.
Voilà donc un peu d'exotisme en bouteille qui fait rêver et vous embarque pour un voyage ou plutôt un décollage au delà des océans !!!





2 commentaires:

  1. Merci de me faire revivre des souvenirs de .... 1988.
    J'avais à l'époque trouvé ces vins assez moyens. Sans défaut mais sans qualité. Ils ont certainement du évoluer dans leurs techniques...
    Pour ce qui est des vins sur sols volcaniques, il faut boire les vins d'Auvergne ou certains du Forez... ;-)

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    1. Tu as raison Jean-Marc, j'ai oublié les vins d'Auvergne lorsque je dis que je n'ai jamais bu de vin issu de sols volcanique. En plus j'en est déjà parlé ici. En tout cas j'ai pris du plaisir sur cette bouteille sans pour autant parler de vin exceptionnel.

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