lundi 21 janvier 2013

Longuement rôtie

Si ma mémoire me fait parfois défaut dans la vie de tous les jours , j'ai par contre toujours à l'esprit des vins que j'ai pu boire il y a plusieurs années avec même des détails qui peuvent rester gravés , pour toujours.
En cherchant bien , j'ai quand même du mal à me souvenir d'un vin qui aurait une longueur comme celle du Côte-rôtie que j'ai bu à l'aveugle chez mon frère.Un Yquem 1988 il y À 4 ans ou un Chignin-bergeron de Gilles Berlioz qui est dans ma mémoire depuis 3 ans peut-être?
"La germine" est tout de suite sur des notes de cassis discrètes , une figue légèrement épicée et un soupcon de poivre.Des arômes fleuris viendront aussi après quelques minutes.
En bouche , c'est la finesse du grain qui me plait beaucoup avec un touché velouté , la fraîcheur qui met en évidence l'équilibre et une acidité qui tend le vin vers une interminable longueur , quelques chose qui s'étend sur une cinquantaine de secondes avec l'impression d'être sur une très longue route qui au fur et à mesure qu'elle se déroule sous mes pieds devient encore plus longue , interminable...
 Je ne connais absolument rien de ce domaine des deux frères Duclaux mais j'espère croiser à nouveau un de ses vins car même si cette bouteille se doit d'être attendue , le plaisir apporté par sa jeunesse et sa longueur m'a fait décoller sur un court moment , longuement apprécié ...

Au fait , lundi je vais allez goûter quelques vins des amis vignerons de Laurent , histoire de voir ceux qui peuvent me faire "décoller" dans les prochains mois.
C'est au Domaine de Verchant , près de Montpellier.
Vous voulez venir y faire un tour?
Il y a tous les renseignements sur son blog "le vin de mes amis" et c'est par là


dimanche 16 décembre 2012

La fin du monde : un brin de folie !!!

Je suis chez moi sur la terrasse et il fait très beau en ce bel après midi de mi-décembre.Si je lève les yeux au dessus de mon écran et que ma main gauche quitte le clavier pour me servir de visière , j'arrive à voir au loin , après deux ou trois vallons , dominant les quelques collines qui m'en séparent , le pic du mont Bugarach.
Bon , ici dans l'Aude on dit plutôt  le pech de Bugarach et j'ai un peu de mal à croire que cet endroit restera la seule partie de notre planète oû les terriens vont pouvoir survivre à une fin du monde ou à je ne sais quel autre cataclisme  qui y ressemble.
On verra bien , ou pas ... 

Puisque cette fin du monde annoncée me semble avoir un brin de folie , j'ai donc ouvert une cuvée de Frédéric Palacios qui s'appelle ........."Un brin de folie".
C'était le premier vin dont j'ai parlé sur mon blog et comme ce 21 décembre "fatidique" approche ça sera peut être le dernier , ou pas ...
Sur 2011 cette cuvée qui était auparavant un rosé est un vin "rouge"de saignée composé de tous les cépages du domaine (malbec,cabernet sauvignon , cabernet franc, merlot , grenache , cinsault et carignan).
A l'ouverture il peut y avoir un très léger perlant qui sert juste à protéger le vin et se dissipe tout de suite après un bref passage en carafe. 
Au nez on a des aromes de cassis , groseille et de menthe.En bouche , c'est lisse et le raisin est dominant.Une grosse et belle acidité avec une sensation d'eau et de pureté mais on a du mal à savoir si c'est un blanc , un rouge ou un rosé...
En fait , c'est juste un brin de folie , la folie d'un raisin qui domine la bouche maintenant que les épices sont là.Un coté salin reste un long moment aussi et cette acidité qui revient sur ma langue.C'est presque tranchant si on arrive à se convaincre que c'est un rouge.
Avec l'aération , toute la complexité du vin envahit mon verre et ma bouche avec une rétro sur la canelle , la menthe et l'amande amère.
C'est dur de décrire un vin qui ne ressemble à aucun autre , une folie , un brin d'herbe fraîche qui ondule au gré du vent , un jus de raisin , juste un jus ... du raisin , pur !!! 
J'ai déjà bu à plusieurs reprises cette cuvée et je ne m'en lasse toujours pas tellement sa gourmandise est pleine de complexité.

La fin du monde , c'est pour bientôt ou c'est juste un brin de folie ?
Moi je pense que la fin du monde est peut être une idée avec un brin de folie qui ne tient pas dans une bouteille mais sans un brin de folie il est possible que notre monde touche à sa fin.
Réveillons nous ...




dimanche 25 novembre 2012

Un pur Bouju

Je suis passé du coté de Clermont-Ferrand il y a quelques jours et comme ça faisait un moment que je voulais rencontrer Patrick Bouju , j'ai été faire un petit tour dans son antre ,
à Saint-Georges sur Allier.
Notre temps étant compté à tous les deux , nous sommes allés directement à l'essentiel , avec un tutoiememnt qui s'installe très vite et déjà un verre à la main , pour bien "sentir" les choses.
Nous n'avons pas parlé de son travail à la vigne mais abordé le coté "cave" avec comme point de départ des raisins sains qu'il ramasse à la main et en caissettes sur les différentes parcelles qui composent le Domaine de la bohème.Si le besoin s'en fait sentir , il peut aller jusqu'à passer plusieurs fois dans la même parcelle pour avoir vraiment la maturité optimale des grappes.
Une cuve par parcelle et suivant les cépages , un égrappage manuel ou bien des grappes entières sur une partie de la cuve et puis des raisins , des raisins et encore des raisins  ........... mais rien d'autre.
Patrick Bouju prend son temps et laisse le temps faire les choses , en douceur , sans souffre depuis 2004.
Alors les vins : et bien on a commencé par deux "pet nat" ou pétillants naturels en français dans le texte.
Festejar blanc est un chardonnay qui donne tout de suite beaucoup d'émotion dans mon verre , avec un peu de sucre qui ne sera plus là d'ici la fin de l'année mais qui ne dérange en rien la beauté du vin , vivant et fin.
Festejar rosé est un bonbon à boire sans retenue , pour un grand plaisir.
Lorsque je l'avais appelé deux jours avant , Patrick m'avait dit ne pas avoir grand chose à goûter mis à par ses bulles, seulement voilà , l'enthousiasme que m'a procuré ces deux vins l'a interpelllé et il me dit que je ne peux pas partir sans gouter un rouge , même s'il n'en a pas à vendre.Du coup , il pioche une quille dans sa réserve personnelle et ouvre un pinot noir de toute beauté , "vibrant" comme il dit.
Je vais revenir tout de suite sur ce vin mais je remercie d'abord le vigneron pour son accueil ,
sa grande simplicité et son sens du partage.

Bon , il y a trois jours je n'ai donc pas pu résister et j'ai ouvert cette cuvée "Brutal" 2011, un rouge avec un nez d'une très grande finesse qu'il faut associer à la pureté d'aromes assez impressionnante.Un vin qui tout de suite "marque" et s'impose ,vous envahit et occupe votre esprit.
En bouche la rose exprime la grande finesse du nez , on caresse un pétale d'une grande douceur. C'est tout simplement fin et envoûtant , enivrant de subtilité.
Et les aromes dans tout ça :
et bien la cerise , la fraise et une mine de crayon (ou un coté graphite) parfois en bouche qui donne du plaisir et une sensation de terroir qui "parle". Le pain vient aussi et puis ...
Et puis ce nez qui a pris encore plus d'ampleur maintenant , un nez qui me revient en bouche comme je ne l'ai jamais eu avec un bois de rose d'une grande classe qui arrive sur ma langue et m'emporte vers un coffre à trésor rempli du grâle , les aromes du rêve , la douceur d'un vent parfumé qui caresse ma peau avant de rentrer en moi , me posséder et m'emporter avec lui vers plus loin , là-bas , au delà de tout ...
C'est très rare de rencontrer des bouteilles comme celles là et je pense que c'est certainement
les plus belles émotions que j'ai eues dans mon verre cette année.
Ce vin est un bijou de pureté , un pur Bouju quoi !!!


La dégust du VDMA

N'oubliez pas que demain , Le Vin de mes Amis fait sa dégustation de 10h à 19h, à la Cartonnerie, 12 rue Deguerry, 75011 Paris. 
Entrée (avec un verre italesse offert): 8 euros. 
Pour en savoir plus c'est là , chez Laurent.

samedi 27 octobre 2012

Patricia la "militante".

Alors maintenant , décollons vers Anduze , dans le Gard.
Patricia a ouvert son restaurant "Les saveurs du Sud" il y 4 ans et elle se définit comme une militante du goût et des bons produits qu'elle trouve chez ses copains "jardiniers".
Des légumes bios , comme les vins qui sont à la carte d'ailleurs.
Influencée par beaucoup de "terroirs" (réunion , Camargue , Provence ...) sa cuisine est un doux mélange qui donne des plats originaux mis en valeur par des produits de saison d'une belle fraîcheur.

J'avais découvert cet endroit il y un peu plus d'un an et la cuisine m'avait déjà conquis.
Lors d'un passage il y a peu de temps j'ai trouvé les assiettes plus épurées avec toujours cette originalité folle, ces mélanges sucré salé qui vous réveillent le palais et vous font voyager.
Un filet de lieu en croûte de noix avec son riz sauvage, les tians de courgettes ou de carottes, une fleur de courgettes en tempura ou accompagnée d'un mélange de poivrons et tomates, le tout surmonté de quelques feuilles de basilic pour faire parler les brochettes de poulet grillé.
Les filets de rougets dont je suis gourmand m'ont régalés et je n'ai même pas pu goûter la joue de porc aux citrons confits que mon fils a dévoré en quelques coups de fourchettes.
La vie est belle quand on croque à pleine dents dans d'aussi jolis plats et d'un seul coup , mes papilles se transforment en papillon géant qui vole et butine sur un globe terrestre plein de gourmandises , là une vanille de Madagascar , là -bas des épices qui tutoient le volcan réunionnais , ici une effluve de fleur sauvage d'un sentier de montagne ou bien plus loin une senteur de canne à sucre antillaise lorsqu'on la brûle après la coupe.
Des souvenirs de voyage qui m'emportent avec eux ...
La salle est petite et la vingtaine de couverts que peut accueillir cette cheffe sont souvent réservés à l'avance alors si vous voulez profiter de ses petits plats, il vaut mieux prévenir 
de votre arrivée.
Bon appétit.


Les saveurs du sud à Anduze (rue basse)  0675835092


dimanche 14 octobre 2012

Volupteuses poires

C'est certainement un peu réducteur d'associer un vin à un fruit et ce n'est en général pas forcément intéressant lorsqu'on le boit.
Oui mais voilà, lorsque le fruit est tout en touché, qu'il ne prend pas toute la place tout en dominant le reste et qu'il est en plus d'une extrême précision, ça devient tellement évident que l'on ne peut pas faire autrement.
Et puis si c'est une poire , ça peut inspirer des choses ...

Jean-Baptiste Senat a fait en 2011 une cuvée 100% grenache gris qui au nez, a un grain de poire superbe. L'amande douce accompagne aussi l'abricot sec et le tout donne un nez voluptueux.
La bouche est ronde et une amie me dit avoir l'impression de boire un vieux champagne :
"Tu as raison Michelle , c'est un vieux champagne avec la fraîcheur en plus qui fait descendre le tout drôlement bien !!! ".
La longueur est bien là avec ce soupçon d'acidité qui va bien pour prolonger un plaisir qui reste sur ma langue.
Une rétro sur la poire arrive après un long moment et me fait décoller :
Cette poire se découvre maintenant, sa peau sensuelle la quitte et laisse apparaître un corps dénudé et appétissant, avec deux voluptueuses poires. 
Une beauté idéalement attirante qui réveille ma gourmandise.
Le lendemain , l'acidité devient plus tranchante et fait ressortir le minéral, un coté sauvage presque "piquant" pour un autre plaisir.
Ce que ce vin m'a inspiré ne tient certainement pas dans une bouteille mais je souhaite une longue vie "Aux amis de ma sœur".


mercredi 19 septembre 2012

Fait chier cette AOC !!!

Fait chier cette AOC !!!
Connaissant bien Frédéric Palacios , c'est certainement la première phrase qu'il a du prononcer lorsqu'il s'est vu refuser ce "label" pour sa cuvée de malbec.
Pas d'AOC donc pour son "Insolite" 2011 qui pourtant est sur toutes les grandes tables Audoises, de la très renommée Auberge du vieux puits (trois étoiles au Michelin) au peut-être moins connu Tantine et Tonton, qui me régale, du coté de Limoux.

Il a raison Fred , elle fait ch... cette AOC.
Alors venons-en au fond du problème , le vin ...
J'ouvre donc une Insolite 2011 , issue d'une parcelle de malbec que Frédéric bichonne depuis maintenant 7 ans et qui ne voit aucun intrant , promis messieurs les "jurés".
Alors , ça sent quoi d'après les "aociens" , le crouppi ?
A l'ouverture le vin est légérement réduit , réduction qui est une des typicités de ce cépage lorsqu'il est vinifié en cuve en ne voyant qu'une dose très minime de souffre et rien d'autre.Il n'y a donc rien de très significatif , à tel point que je ne carafe même pas.
Dans le verre , cette réduction part très vite d'ailleurs pour laisser la place à un vin au nez très intense , quelque chose d'inclassable , une classe sauvage et ebourrifée. Ce vin à du chien !!!
Il y a plus de volume que sur les millésimes précédents et une petite fleur sauvage , la violette , est tout de suite dominante.Des aromes de pâtisserie passent , le cassis et le thym restent là.
Un nez complexe quoi , mais pas d'arôme de croupi à l'horizon.
Les "aociens" ont aussi trouvé un manque de netteté.
Pas sur le nez en tout cas mais voyons un peu la bouche.

L'attaque est souple , lisse et presque veloutée avec cette impression d'une matière bien travaillée.Il y a une belle acidité sur tout le vin , longuement , très longuement même avec du raisin et des épices aussi.Une rétro arrive après une vingtaine de secondes sur le réglisse et le cassis.Les tannins demandent encore un peu de temps bien sur mais la gourmandise est là.
"C'est bon ça chéri" me dit Marie-Laure qui déguste à l'aveugle, "super bon même."
Comme je ne trouve toujours pas les "défauts" qui font que ce vin n'a pas eu l'AOC mais sortira en Vin de France , je me dis que peut être nos amis aociens ont dégusté cette bouteille le lendemain en l'oubliant ouverte sous la table , juste à coté du chien qui n'a pas l'air très net et qui en plus est allongé sur une vieille serpillière qui sent l'eau croupie.
Le lendemain donc , le vin a basculé sur le minéral avec la mine crayon qui domine le nez , accompagnée par du pain frais et une bouche oû l'encre a fait son apparition.
C'est toujours aussi bon ...
C'est dommage de se priver d'un tel vin sur une AOC Malepère pas forcément des plus connue.Plutôt que d'uniformiser et "lisser" un goût pour son appellation  , les "aociens" devraient peut être plutôt essayer de comprendre pourquoi un vigneron comme Frédéric Palacios arrive à faire des vins qui ne ressemblent pas à tant d'autres , le plus naturellement possible et avec beaucoup de passion pour son terroir.
Le massif de la Malepère est un grand jardin dont il est amoureux et cela se sent dans ses vins.
Moi en tout cas , je vais boire avec plaisir sur plusieurs années les quelques bouteilles de cet "insolite" vin de France qui a rejoint ma cave.