samedi 9 juin 2012

La griffe

Un bon copain qui m'offre une belle bouteille , bien lourde , avec un look qui me plaît beaucoup. Dans ce flacon , le vin d'un jeune vigneron qui mène ses vignes en agriculture biodynamique.
Voilà quelques ingrédients qui peuvent peut être me faire "décoller"non ?
Peut être mais pas obligatoirement , car la vérité est dans le verre . 
Le domaine de Villeneuve fait une cuvée qui s'appelle "la griffe" : whaaou !!!
Bon si j'écris ces lignes c'est que j'ai du aimer ?
Et bien non , j'ai adoré.
Tout d'abord la couleur légèrement trouble , parce que ca veut dire que le "jus" est quasiment intact , presque pas filtré.
Ensuite le grenache est sauvage dès le départ du nez ,
avec un coté sanguin.
Le cassis et la cerise suivent.
Enfin la bouche est superbe , juteuse et fluide à la fois avec de la terre noire et l'acidité d'un citron qui emmènent les piments sur un très long moment.
Ca reste et reste encore en bouche au point de me faire croire que c'est la patte de velours d'un tigre qui se trouve dans mon verre et que en sortant ses griffes il l'a rayé et fait saigner pour donner ce vin au double visage : une acidité à la redoutable gourmandise juteuse.
La rétro sur la cerise arrive après plus d'une minute ...
Le nez va aussi exprimer le terroir avec une mine de crayon papier qui passe assez souvent au point de  m'entrainer avec lui sur une feuille blanche sur laquelle il virevolte et glisse en laissant un griffonnage ou une trace ..... la griffe.
Je pourrais en rajouter encore avec la confiture de figue sur un petit moment et la pluie qui reste dans mon verre lorsque le vin n'y est plus.
je ne connaissais rien du Domaine de villeneuve de Stanislas Wallut mais "La griffe" 2009 m'a "saignée" et marquée pour un long moment.

dimanche 20 mai 2012

La grange aux belles


La grange aux belles de Marc Houtin et Julien Bresteau , c'était mon coup de coeur
de millésime bio cette année.Installés du coté d'Angers , ils font des vins francs et sans chichi.
C'est Julien qui était à Montpellier et le tutoiement s'est tout de suite installé.Le vigneron est franc et direct , comme si je le connaissais depuis des années.Il me parle de ses vins sans soufre en ne cachant pas une utilisation à petite dose si jamais une "piqure" venait roder
dans une cuve.L'embouteillage se fait en deux fois : sans souffre ou avec juste un "pète"
comme il dit , vers 1,2 mg/l.
Alors les vins : et bien je me rappelle que ça se sirotte plus que dangereusement bien
sur les deux premières cuvées.
"le vin de jardin" fait 11° et j'en ai parlé tout dernièrement ici comme un plaisir de fruits
juste pressés.
"la chaussée rouge" c'est sur la même lignée que le précédent mais avec un poil plus de vin , gourmand , juteux et j'en reveux aussi !!!
Julien me parle des sols de schistes qui sont si particulier chez lui , du grolleau, un cépage
qu'il aime beaucoup et de ses vins qui "déssoiffent".
Son "53" est un cabernet franc planté sur schiste , en 1953 justement , et comme les autres ,
il ne reste pas bien longtemps dans mon verre.
Voilà une rencontre qui m'avait apportée beaucoup de plaisir et quelques bouteilles dans ma cave.
Hier j'en ai ouvert une d'ailleurs , un rosé 2011 issu du seul gamay , une Pink fluid made in Anjou.Le nom est bien choisie d'ailleurs car c'est d'un rose soutenu et ça coule
tout seul ......  mais pas que :
c'est un bouquet de fleurs des champs qui vous donne toute l'authenticité d'une bouchée de pétales pleine de simple gourmandise.
Il vaut mieux servir ce vin pas trop frais pour avoir tous les arômes d'herbes et de pain frais , de bonbon et d'anis.
Un nez qui évoluera discrètement  vers la pierre ,
la framboise et l'amande douce aussi.J'ai d'un seul coup tous mes préjugés négatifs sur les rosés d'Anjou qui sont aux tapis et la bouche va finir de me convaincre.La douceur est bien là avec le coté légèrement sucré que l'on attend sur ce type de vin mais sans prendre trop de place car une belle petite acidité l'accompagne sur toute la durée.
On sirote sans se retenir et une légère rétro arrive sur le caramel (ou le carambar si vous voulez).
Pink fluid est une fleur sauvage comme on en trouve encore dans les vignes qui ont des sols vivants.Sa fraîcheur vous en fera boire et reboire , jusqu'à ouvrir une deuxième bouteille ,
pour prolonger un grand moment de plaisir simple.

dimanche 6 mai 2012

Rosé du pic

Il y a parfois chez les amateurs un peu de réticence pour les rosés trop faciles et flatteurs ,
pas vraiment du vin ...
Moi , j'aime boire ces vins lorsqu'ils sont parfois bien plus qu'un "vin d'été".
Cette année je commence de bonne heure , ça doit être le manque de soleil du mois d'avril
qui m'a fait craquer dès ce début mai.
L'Ermitage du Pic Saint-loup est un domaine qui travaille en bio-dynamie
depuis un peu pus de 10 ans.
Il fait donc un rosé , à base de syrah , grenache , mourvèdre et cinsault.
Sa place à table était belle au coté des asperges qui le mettaient en valeur.

Le nez s'ouvre assez rapidement sur le citron , la mandarine et le pamplemousse.Un peu de poivre doux et une pierre aussi (silex).Avec le temps , d'autres choses viendront...
La bouche est très fine , grasse et vineuse , avec des épices légèrement "piquantes"
et un bel équilibre .
J'ai aussi un beau galet qui se met sur ma langue pour un long moment , voir même
un très long moment.Le sel l'accompagne sur le début.Une petite rétro sur la feuille de cerise ponctue le tout magistralement.
Furtivement , le canfre passe sous mes narines et l'herbe fraiche puis la mandarine
viennent en bouche.
C'est vivant et la cerise prend maintenant tout le vin pour partir après 2 ou 3 minutes.
L'amande amère précéde un cour moment d'un incroyable bonheur pendant lequel un cigare Cubain va m'emporter avec lui ou plutôt
avec sa fumée qui me transporte dans une pièce complètement embrumée et sans issue.
Je n'en sortirai qu'en suivant cet épais brouillard de havane qui s'échappe par je ne sais oû , guidé par un son , celui de :
Ruben Gonzales qui fait "claquer" les touches de son piano ?
la voix d'ibrahim Ferrer qui répond à celle d'Omara Portuondo , qu'une rumba fait danser inlassablement ?
Carlos"Patato" Valdes qui est en train de chauffer la peau de ses congas ?
Je ne sais pas mais en tout cas ce son Cubain me renvoie sur cette ile
ou je suis allé il y a 10 ans.
Un séjour qui a marqué ma vie d'homme libre ........


Voila donc un grand rosé vivant , complexe , fin , vineux et irrésistiblement gourmand car ma bouteille est déjà vide.
Un vrai VIN , pour tout de suite ou cet été , si vous voulez boire autre chose que du rosé !!!



dimanche 22 avril 2012

Attérrissage

En ce moment, les dégustations qui se succèdent m'apportent certes beaucoup de plaisir mais j'ai du mal à m'envoler, à décoller ...
Peut être prochainement avec le Malbec de Frédéric Palacios que j'ai gouté au domaine tout dernièrement et qui est d'un beau touché, comme d’habitude, avec en plus une complexité nouvelle ........ mais il est encore en cuve.
Peut-être aussi avec le blanc de Jean-baptiste Sénat, chez qui je suis passé il y a peu de temps et qui pour un coup d'essai sur cette couleur est en train de réaliser un vin qui allie un coté gras et une belle acidité : un grenache gris qui promet ........ mais il est encore en fut, jusqu'en juin.
Peut être avec un vin de Maxime Magnon dont les 2011 sont à croquer, comme souvent, envoutant et ........ mais c'est mon épouse qui les a goutés.
Peut-être avec une "bubulle", ce pétillant naturel de Lise et Bertrand Jousset issu du seul chenin. Il fait "parler" la Loire comme aucun autre cépage ........ mais ma commande n'est pas encore arrivée.
Peut être avec une "Ebrescade" 2005 de Marcel Richaud qui dort dans ma cave depuis un bon moment et qui me fait déjà saliver grâce à son fruit bien mur et ....... mais j'hésite avant de l'ouvrir, c'est ma dernière.
Peut être avec "le vin de jardin" de Julien Bresteau (La grange aux belles), un rouge à 11° qui glisse tout seul, sur du fruit juste pressé, tout en dessoiffant : une tuerie, légèrement frais en plein été et un vrai régal n'importe quand ........ mais je dois monter à Revel chez Benoit, qui a ouvert l'entre vin il y a quelques mois, pour prendre quelques bouteilles.
Bon sinon j'ai pris quelques photos en me baladant dans les vignes ces derniers jours alors suivez moi, je vous sers de guide :
tout d'abord sur La Malepère pour voir le chasan que Frédéric Palacios a décavaillonné et qu'il binait cette semaine car le sol était juste comme il faut pour être travaillé. Il a déjà hâte d'être aux vinifs cette année mais sait que le chemin est encore long.
 
Et puis ensuite chez Jean-Baptiste Senat, un fervent défenseur des cépages locaux,
 qui connaît toujours un jeune qui vient de faire son premier millésime et qui cette fois-ci
m'a présenté .............ses vieux pieds de grenache centenaires qui sont bien encrés dans ce beau terroir Minervois. 
Je vous laisse, il fait beau, alors je vais aller cueillir l'ail des ours sur la montagne noire.
C'est une feuille qui date de la préhistoire.
Elle se mange en salade ou en soupe et peut servir pour cuisiner les poissons ou faire un pesto.
Vous y avez déjà goûter ?

mercredi 21 mars 2012

Signé Barral

Faire du "Barral" c'est possible?
Eh bien jusqu'à maintenant je n'ai pas rencontré de vin qui ressemble aux nectars
du Domaine Léon Barral parce que les vins de ce vigneron, plus que connu, ont une signature , une vraie personnalité et que c'est certainement pour cela qu'ils peuvent faire débat  
à droite ou à gauche.
Ouh là là , il faut que je fasse attention aux formules que j'emploie parce que ça va bientôt ressembler à un blog politique et du coup je vais être obligé de "rentrer en campagne".
Bon revenons aux choses sérieuses ...... le vin : Faugéres 2006 du Domaine Léon Barral.
50% carignan , 40% grenache et le reste de cinsault.

J'ouvre la bouteille et me sers un verre : le vin est là , tout de suite avenant et prêt à boire avec rien d'autre que de la pureté.
La finesse du nez est surprenante et m'envoute de suite grace à son intensité.
La cerise , des herbes de provence et un jus de viande, qui apportent un coté animal très typé, laissent peu à peu la place à une belle myrtille.
C'est pure et vivant mais avec aussi un peu de lenteur.
En bouche , j'ai une douce texture ronde et bien fondue , sur un beau réglisse et des épices doucement pimentées.
La finale me donne l'impression d'avoir ce rouleau de zan qui s'enroule comme un fil autour de ma langue , doucement.
C'est un jus gourmand et j'en rafffole au point de décoller:
j'ai l'image complètement surréaliste d'un grand fil tendu 
avec un cheval qui passe au trot dessus.
Il galope maintenant , sur ce "chemin" de la liberté,
en espérant peut être un jour pouvoir la retrouver justement ,
 là-bas , au bout de cette course d'équilibriste ...
Le vin va continuer à vivre tranquillement avec une figue séchée qui viendra jusqu'à mes narines et un peu de chocolat blanc en bouche.
Un léger coté granuleux sur la rétro me fera penser au carignan.
C'est beau !!!
Deux jours plus tard ....... le verre que j'avais gardé aura une belle acidité et un nez sur la fraise des bois , des ronces sauvages :
Mon cheval blanc , qui a retrouvé sa liberté , sillonne de grandes plaines vierges ,
crinière au vent .

Ce vin est arrivé à maturité pour quelques années.
Il m'a "hanté" plusieurs jours et c'est pour moi le signe d'une ........
grande bouteille signée Didier Barral.

samedi 10 mars 2012

L'Artichaut : une piste de "décollages".

Si il y a un endroit ou je peux boire des vins qui me font "décoller" , c'est bien l'Artichaut.
Tous les vignerons de Changer l'Aude en vin sont à la carte, de Frédéric Palacios
à Clément Mengus en passant par les Manns du Mas des caprices, Jean-Baptiste Senat, Maxime Magnon, Xavier Ledogar ou encore Gilles Azam.
Mais on peut aussi gouter les vins du Cabardes de Guilhem Barré , les Rhones
de Matthieu Dumarcher ou bien un beaujolais arrivé là tout dernièrement,
comme les "raisins gaulois" de Mathieu Lapierre :
ce vin a le nez d'un vin de soif qui a gardé la pureté du fruit frais avec une belle framboise mise en avant. En bouche c'est croquant et l'acidité est source de plaisir.
Par contre il y a un gros soucis : ça se descend beaucoup, beaucoup trop vite !!!

Mais revenons à l'Artichaut ou du moins allons y plutôt si vous voulez bien me suivre.
Place Carnot à Carcassonne, un bistrot, bar à vin ou les assiettes sont soignées et goutteuses grâce à des produits frais et bien travaillés .Mathieu, le patron, a pris le parti de la qualité
et les plats sont inventifs.
Duo de pâté et mousse maison, camembert frit ou lasagnes végétariennes , les assiettes font toutes envie.
J'ai bien aimé le steak tartare avec sa préparation maison et mon fils est fan du gratin de macarroni qui accompagne le canard confit. Le cochon noir est aussi mis à l'honneur suivant la saison.
Pour les desserts je suis sur que la crème brûlée au carambar ou la tarte au citron meringuée vous régalerons car ils sont maison.

 Moi, j'ai un gros faible pour le "banofi" de Camille et je peux même vous donner la recette : vous prenez un "banofi", vous le mettez dans une conserve en verre et vous le faites servir par Camille, si elle n'est pas trop occupée en cuisine.
Bon trêve de plaisanterie si vous voulez vraiment savoir le secret de Camille allez à l'Artichaut, elle vous racontera ça beaucoup mieux que moi ...


 


mercredi 15 février 2012

fidèle

J'avais une amoureuse avec moi hier (c'est ma femme mais aussi mon "amoureuse") et je n'ai rien trouvé de mieux que d'ouvrir la cuvée "fidèle" pour la Saint Valentin.J'ai bien fait d'ailleurs parce que on s'est r-é-g-a-l-é.


"fidèle" c'est un Champagne extra brut de chez Vouette et Sorbée , dégorgé le 04/10/10-R08.
Le nez est de suite en place , frais et intense sur la noisette , le pain et une complexité qui va se révéler avec l'augmentation de la température du vin.
La bouche est très fine avec des bulles toutes petites et discrètes , comme je l'aime sur un Champagne qui du coup devient plus un vin.Une superbe acidité emmène une rétro qui reste accrochée au palais un très long moment , pour le plaisir.
Avec le temps le coté vivant du vin va apporter des arômes d'amande , d'agrumes sur lesquels on a mis juste un peu de sucre roux et de craie blanche pour le nez. La bouche est toujours sur le registre de la finesse qui s'allonge et reste un long moment.
Après 1 heure le nez va basculer sur un coté fleuri, et une herbe fraiche d'une belle précision va me faire décoller:
je suis en train de chercher des oursins blancs dans un herbier marin à 3 ou 4 mètres de profondeur.La mer est calme et les quelques vagues qui me passent au dessus de la tête donne de la vie à cette "prairie" sous marine.De temps en temps une ou deux vaches noirs et blanches viennent faire une apnée et broutent ces herbes plantées dans le sable , là , sous mes yeux ébahis ...
Ce grand Champagne gourmand est le résultat du travail d'Hélène et Bertrand Gautherot , des gens d'une extrème gentillesse que j'avais rencontrés il y a deux ans sur Changer l'Aude en vin.Ils font partie des vignerons du vin de mes amis qui seront à Verchant dans quelques jours pour un salon à ne pas manquer du coté de Montpellier.
Si vous voulez plus de précision c'est par ,chez Laurent.