mercredi 20 mai 2020

Trois mots pour un vin: J'en ai déjà bu hier...

J'avais acheté deux bouteilles de Romain Paire (Domaine des pothiers) à La cave de la presqu'île, un caviste de Crozon fortement recommandable. J'ai bu la deuxième hier et je vais vous en parler car elle était aussi bien que la première que j'avais bue avant hier qui était aussi bonne que celle que m'avait ouvert Franck il y a quelques jours...
Enfin je vais vous parler de J'en ai déjà bu hier.., c'est le nom de la cuvée !!!
C'est un 100% gamay de 2018 et le nez est discret à l'ouverture puis la douceur de l'amande arrive tout en ... douceur.
L'attaque en bouche très souple est suivie par un coté pointu qui reste là, comme un chapeau chinois rempli de vin qui inonderait vos papilles. La finale est épicée.
Après une heure les herbes fraîches, le thym et une belle acidité d'orange sanguine réjouissent mon palais.
Un vin à boire sur deux jours pour coller à l'étiquette et découvrir le coté juteux de ce vin vivant.
C'est jeune, simple, très accessible, c'est bon et tellement évident. C'est ça un beau vin.
Une belle découverte pour moi.



samedi 2 mai 2020

Le SAMO rouge d'Etienne: une syrah atypique

Ayant vécu pas mal de temps dans l'Aude, j'ai un petit faible pour les très beaux vins que l'on peut trouver dans ce département. En plus, comme il y a un bon nombre de vignerons de talent sur les différentes appellations qui s'y trouvent, je retourne souvent sur ces terres du sud pour rendre visite à un de ces "faiseur de vin" et faire quelques emplettes afin de remplir ma cave.
Dernièrement, je suis passé voir Etienne Fort et comme lors de mon premier passage à ses début il y a quelques années (2011 déjà !!!), j'ai beaucoup aimé ses cuvées. La blanquette est un vrai vin pétillant et la superbe rétro sur la noisette est assez marquante pour ce mauzac à la belle fraîcheur. Son crémant (pet nat) est toujours aussi élégant et je suis très gourmand de ses fines bulles à tel point que j'ai beaucoup de mal à la garder en cave.
Etienne a installé une partie de sa cave au bord au bord de ses vignes où il partage avec un autre vigneron recommandable du coin (Gilles AZAM) une chaîne de mise en bouteille qui lui permet de pouvoir travailler plus tranquillement en ayant tout à portée de main. Sa pratique de la biodynamie est le prolongement de sa certification bio et sa démarche tournée vers l'observation de la nature l'a poussé à replanter des haies pour favoriser la biodiversité.

Ce week-end, j'ai ouvert la cuvée SAMO rouge 2017, une syrah qu'Etienne appelait "Monsieur S rouge" sur le premier millésime de cette cuvée en 2015. A la cave cette cuvée était un peu muette mais hier ça n'avait rien à voir.
Le nez a une grosse fraîcheur et dans un verre noir
(à l'aveugle donc) je crois que je serai parti sur un blanc.
En bouche l'attaque est belle, tout en douceur, presque veloutée et ça coule comme du petit lait.......mais les arômes restent là, surtout sur le bout de la langue au départ avec le zan et la menthe qui tiennent un long moment.
Ensuite la douceur enlace toute la bouche et quelques groseilles ''façonnent" la ligne d'acidité et gardent le vin encore plus longtemps. Une gourmandise fraîche est là mais le mot puissance peut aussi lui être associé: un bel équilibre qui donne beaucoup de plaisirs !!!
Après une heure ce vin vivant m'emporte vers la cannelle, le café et le pain grillé, c'est comme un voyage, des senteurs tournent autour de moi et m’enlacent pour ne plus jamais me lâcher et finir par m'envahir ...

Les vins rouges de la vallée de Limoux de ce niveau sont très rares et je suis content d'avoir rencontrer un vin qui exprime autant l'endroit si particulier dans lequel il est "né", son terroir.
Chapeau Etienne pour cette superbe cuvée qui porte haut les couleurs de la vallée de l'Aude voir de la syrah et encore merci pour ton accueil.



lundi 13 avril 2020

Vincent Marie et ses gamay


Je viens de boire ma dernière "Bullette dans ta tête" 2016 (petit clin d’œil à un morceau culte de Rage against the machine) et en même temps de m'apercevoir que je n'ai jamais parlé de Vincent Marie sur mon blog, quelle erreur !!! 
Alors cette cuvée pour commencer. Et bien c'est un pétillant naturel issu principalement de vieilles vignes de gamay sur scories et d'une autre parcelle sur sables granitiques. Le vin n'est pas sulfité (9 mg/l de SO2 totale) et pas filtré non plus donc bien trouble. Attention à l'ouverture car le bouchon peut partir vite et le jus avec du coup ...
Le nez est au départ sur la fraîcheur d'un très beau raisin rouge. 
Les bulles sont plutôt petites mais la bouche est puissante et l'intensité reste sur le milieu de la langue pour un bon moment de plaisir. 
Après une demi-heure le vin prend du corps et la mûre vient chatouiller mes narines. De très beaux amers s'installent aussi en fin de bouche ........... et sur la rétro: c'est surprenant et vraiment splendide !!!
Une bouteille de bulles qui arrive à maturité et qui donne envie de boire des vins natures grâce à sa belle gourmandise.

Sinon, j'ai rendu visite à Vincent Marie il y a un petit moment déjà car il vinifiait encore dans une grange à l'époque et j'ai beaucoup aimé son approche de la vigne et des vinifications, les cuves que l'on a toutes goûtées et ses vins qui sont sans far et demandent une petite année pour se mettre en place et s'exprimer pleinement. Enfin c'est un vigneron à rencontrer, un mec bien quoi. Je dis ça mais il a quand même un gros défaut dont je ne devrais peut être pas vous parler mais bon. Aller je me lance puisque vous insistez. Il fait du vin avec des vignes qui sont plantées à Volvic, vous y croyez vous...
Ah, je dois aussi vous avouer que son gin est vraiment un truc dément. 
Du marc de ses raisins et des baies de genièvre avec une triple distillation pour une attaque toute en rondeur des 44° qui coule tout seul. 
Un délice sans nom !!!

Voilà, je vous reparlerai certainement bientôt des très beaux gamay de Vincent au travers de Magma Rock ou Rockaille Billy 2016. Ces deux cuvées figurent à coup sûre dans les plus belles expressions de ce cépage qu'il m'ait été donné de boire.
A découvrir donc si cela n'a pas déjà été fait.





dimanche 15 mars 2020

La fille de la terre

Je suis content d'être passé voir Céline Oulié la semaine dernière sur ses terres car j'ai rencontré une femme complètement encrée dans son lieu de naissance, "rempli" par la terre, par sa terre nourricière comme elle dit.
Elle en parle avec une telle conviction de cette relation avec la terre qu'on aurait tendance à la croire lorsqu'elle nous raconte qu'elle n'est plus vraiment sure que sa mère l'ai réellement portée dans son ventre mais que c'est plutôt la terre qui est entrée en elle par les orifices de son corps pour lui donner la vie...
Une vraie relation avec la nature qu'elle a depuis son changement de vie il y a 7 ans avec un retour dans son village afin de prendre en main les vignes familiales.
Elle "décolle" un peu "la fille de la terre" mais ça me va bien.


Pour débuter, on a jeté un œil sur la vigne juste à coté du chai et comme ce jour là il y avait une vraie tempête on s'est retrouvé le nez au vent avec Céline qui éclate de rire, heureuse que les éléments naturels se manifestent: "C’est chouette la nature, hein !!!"
J'esquisse un sourire et lui dit: "Ouais, en plus tes vignes et les moutons à l’arrière en bas de la colline, ça donne vraiment quelque chose d'harmonieux. T'as raison c'est génial."
Les 20 hectares du domaine sont devant nous et forment comme un cirque avec 7 hectares de vignes, la forêt, les blés, la mare et l’étang: un bel endroit.
 Ensuite on a parlé de sa vie, de ses projets, de la poésie qu'elle voudrait mettre un peu plus au centre de ses préoccupations, de la biodynamie présente sur tout le domaine, des ruches sur la colline et comme il commençait à faire soif, on a aussi goûté les vins ...
On a attaqué par les rouges avec Pimpren'elle 2018, une macération très courte (4 jours) d'un assemblage de tannât, cabernet franc et cabernet sauvignon. C'est bien rond, fruité, et d'une telle gourmandise que l'on a envie d'en prendre un autre verre tout de suite mais le vin est quand même là pour un plaisir plein de fraîcheur. A glouglouter sans modération, enfin en tout cas moi je ne vais pas me gêner !!! Les sens de la vie 2017 est un vin rustique et assez nature brute que les années devraient bonifier. Je n'ai pas vraiment accroché avec cette cuvée que je n 'ai peut être pas compris... Réchauffement du climax c'est une image, un vin évident et racé, l'image du Madiran. Il pourrait servir d’étendard à l'AOC dans les prochaines années je pense. Un vin marquant sur lequel je reviendrai certainement dans les semaines à venir. OVNI est un blanc oxydatif qui en bouche vous balance la rondeur du reste de sucre qu'il n'a pas mangé (4 mg) et vous '"enrobe" comme personne. Un vin hors norme avec une belle noix fraîche qui survole le nez.

 Le deuxième blanc du domaine Les mets d’âmes,
je l'ai ouvert tranquillement il y a deux jours à la maison pour pouvoir m'attarder dessus et je n'ai pas été déçu.
L'OVE 2017 est un très beau Pacherenc-du-Vic-Bilh élevé en cuve ovoïde qui a la signature de la région avec des tanins fins qui restent élégamment sur le palais: c'est le petit corbu, le cépage local, qui me parle et résonne !!!
Le nez est sur des agrumes dés le départ pour ensuite devenir plus précis et dégager des arômes d'herbes fraîches et sauvages, la finesse d'un citron confit ou des petites touches de camphre après une demi-heure.
La bouche est exceptionnelle avec une attaque sur la rondeur de la malo qui est faite, de la fraîcheur, un fin piquant et une intensité tout en finesse qui s'étire vers une grande longueur pour ensuite vous traverser entièrement les joues en vous emportant vers un bonheur pur ...
Un vin qui va vivre avec des arômes de vanille et de gingembre qui arrivent pour donner encore plus de complexité. L'accord avec des asperges ou de l'araignée de porc accompagnée d'un gratin de blettes et pommes de terre était parfait.
Le lendemain rien n'a pas bougé et un bel effet pommadé vient compléter une bouche toujours aussi intense.
La force et l'identité de cette cuvée sont exceptionnelles !!!
Une rencontre avec Céline ou un de ses vins peut vous faire réfléchir voir vous bousculer un peu. Je suis sûre que ses vins vont me suivre pour un long moment et j'ai déjà hate de retrouver "la fille de la terre" lorsqu'elle fera du pain, du miel, ou bien pour goûter son pet nat qui sera bientôt en bouteille.



dimanche 9 février 2020

Trois mots pour un vin: Constellation 2014

Ce Constellation 2014, macabeu 70%, carignan blanc et grenache gris pour le reste, de Marc CASTAN m'a surpris ce midi. Ce vin était bon dans sa jeunesse mais le milieu de bouche qui tombait et emmenait l'ensemble vers une mollesse rédhibitoire faisait que le plaisir n'était pas présent en continu et du coup cette cuvée rentrait dans le rang des vins ou l'émotion manquait un peu.
J'avais gardé deux bouteilles de cette cuvée en cave et je me suis dis que c'était peut être le moment d'y revenir pour voir un peu ce que le temps avait bien pu lui apporter.
Et bien j'ai été très agréablement surpris car c'est un Constellation vraiment transformé que j'ai ... redécouvert.
Pour commencer, sa couleur jaune paille donne beaucoup d'envie.
Le nez est sur l'amande douce et la pierre avec un coté légèrement "piquant".
En bouche le "piquant" revient avec une belle acidité qui s'étale, accompagnée par une belle grosse densité  qui nous emmène vers du gras. Le miel, l'ananas et l'amande voyagent sur mon palais avant qu'une rétro sur l'abricot s'y fixe un bon moment.
Après une heure, j'ai aussi un vrai feu d'artifice d'étoiles filantes qui laissent un panache au citron meringué en bouche et de toutes petites touches d'anis par moment.
Voilà un vin qui demandait donc du temps pour atteindre son apogée et qui donne une belle image de ce que peut donner une cuvée composée majoritairement de macabeu.
A découvrir avec Marc, l'attachant vigneron du Domaine Mamaruta.




dimanche 29 décembre 2019

Un "sirop" de raisin

J'ai un gros coup de cœur en ce moment pour la cuvée 9 mg de Philippe Cartoux car à chaque fois que je l'ouvre, je me régale.
A l'ouverture, le vin pétille et le gaz est donc là pour protéger ce sans souffre ajouté.
A carafer donc pour ceux que cela perturbe mais c'est vraiment pas dérangeant pour moi et ça part très vite pour laisser la place à un breuvage qui va se mettre en place tranquillement en donnant toutes ses lettres de noblesse aux vins nature.
Il se dégage de la douceur du coup et l'attaque en bouche amplifie encore plus ce sentiment grâce à sa souplesse. La grande part que prend le grenache dans cet assemblage n'y est pas pour rien mais c'est quand même assez particulier car au bout d'un moment c'est une impression de lenteur qui vous envahit et ne vous lâche plus.
Le nez est fondu et piquant à la fois, envoûtant, sur la cerise écrasée et légèrement macérée, la framboise. La garrigue y chante son plus beau refrain.
La bouche ronde et complètement fondue me donne tout ce que j’attends d'une gorgée de bonheur ... un vrai "sirop" de raisin... Les tanins viennent ensuite légèrement sur le palais et les arômes restent accrochés un long moment pour un plaisir plein sur des fruits purs et gourmands. Une grosse fraîcheur et la fluidité d'une petite rivière tranquille sont aussi présentes malgré les 14,5°.
Ce vin vous transporte avec légèreté sur un coussin de raisins bien moelleux et c'est vraiment agréable d'avoir une bouteille qui dégage une telle "intensité" de douceur, un vrai sentiment de bonheur.
Un "sirop" de raisin délectable et tellement addictif que la bouteille est presque déjà vide...
L'accord est parfait sur un fromage Landais à base de lait de vache cerclé d'une sangle d'écorce de pin.
Le lendemain le nez est sur les herbes fraîches que la rosé du matin est venue chatouiller et la bouche a pris du relief grâce à un coté granuleux.
Un vin pour ceux qui aiment les raisins bien mûrs et voudraient connaitre l'ivresse d'un "sirop" de raisin, la douceur de la nature, les vins parfois imparfaits mais souvent tellement plus intéressants, les vins nature quoi !!!


dimanche 1 décembre 2019

11 ans aprés...

J'avais volontairement oublié Natural Mystic 2008 au fond de ma cave et j'ai bien fait car si dans sa jeunesse cette cuvée était prometteuse, je ne pensais pas avoir après 11 ans un aussi joli vin. Le profil de ce syrah/merlot est bien représentatif de ce que peut devenir un vin si on lui laisse du temps.
Je me rappelle encore très bien du jour où j'ai découvert cette cuvée au domaine, enfin quand je dis "domaine", c'était un bien grand mot à l'époque. Guilhem Barré m'avait reçu dans sa caravane au pied des vignes qu'il travaillait depuis 1 an. Il vinifiait ses cuvées dans la grange d'un copain vigneron à quelques kilomètres et il était en pleine réflexion sur la construction de son chai. C'est pour vous dire le chemin qu'il a ensuite dû parcourir pour que ses installations lui permettent maintenant de pouvoir travailler dans un chai ou la géothermie apporte une ventilation naturelle afin que les raisins rentrés par gravité puissent s'épanouir pleinement.
11 ans après donc, à l'ouverture, le vin est hyper fondu avec une senteur mentholée presque envoûtante qui reste là pour enrober tout le reste et domine le nez.
L'élevage apporte de la noblesse au fruit qui a gardé une belle place en bouche avec la prune et le pruneau mûr pour un vin tout en fraîcheur. Une salivante et somptueuse rétro ponctue l'ensemble.
Un vin presque majestueux qui m'emporte sur le dos d'un cheval lancé au galop sur un très long chemin tapissé de raisins.
Un noyau de cerise sera présent au nez après une heure sur ce vin qui a atteint sa pleine maturité.
Deux jours plus tard, le nez a pris de la puissance et l'ensemble reste sur la même lignée qu'à l'ouverture. Le fond de la bouteille est vraiment somptueux avec un dépôt qui apporte un beau coté granuleux à la bouche et donne pas mal d'émotion lorsque l'on pense qu'il a "nourri" le vin pendant 11 ans...
Une très belle bouteille, qui à ce jour est le plus beau Cabardès que j'ai pu déguster.
Merci beaucoup Guilhem pour ce beau vin d’artisan qui 11 ans après...en a toujours autant sous la pédale.
Vraiment bluffant !!!