vendredi 22 mars 2013

Guilhem fait de "La dentelle"

Je me souviens très bien de la première fois que j'ai rencontré Guilhem Barré. Il vinifiait ses 2008 dans la vieille grange d'un copain avec seulement deux ou trois cuves et beaucoup de courage ...
J'ai aussi en mémoire une petite "réception" improvisée pour ma deuxième visite quelques mois plus tard au pied de ses 5 hectares de vignes sur Ventenac Cabardes. C'est une très authentique caravane des années 70 qui lui servait de "pied à terre" ...
Aujourd'hui, il est beaucoup mieux installé puisqu'un chais flambant neuf a remplacé sa roulotte et la grange, alors du coup, ses vins ont bien progressé avec des nez plus intenses
et la personnalité de ses cuvées s'est affirmée.
J'ai ouvert "La dentelle" 2010 il y a quelques jours, une cuvée majoritairement syrah.
Il faut trois bonnes heures de carafe pour que le nez soit vraiment en place car la réduction empêche le vin de s'exprimer sans détour à l'ouverture.
Mais après, c'est que du bonheur !!!
Le nez est intense, vivant, avec un coté herbacé,
le pamplemousse dominant par moment, le cassis, l'olive noir, une cannelle légèrement saupoudrée tout en touché, une pointe de safran, un léger poivre, du réglisse aussi enfin une grande complexité m'envahit quoi !!!
La bouche glisse sur les tannins avec la belle acidité du pamplemousse, un coté "piquant" qui rappelle les épices du nez et une finale salivante où le sel titille très très légèrement ma langue que l'encre de chine a caressé. Un peu de gras viendra aussi contrebalancer
une légère amertume, le tout sur une belle fraîcheur, légèrement réglissée par moment.
Un vin qui m'embarque sur un voilier ou j'ai charrié quelles caisses de vins pour rallier une petite île.
Je n'en suis plus très loin d'ailleurs, à un mille peut être lorsqu'un couple de dauphins "m'accoste" pour discuter.
A la vue de mon chargement ils ne perdent pas le nord et me demandent un "droit de passage".
Je m'exécute assez facilement, en riant, et à l'aide d'un bout, lance donc une bouteille à la mer qu'ils s'empressent d'emporter avec eux dans les profondeurs comme si ce flacon contenait la magie d'un élixir, un trésor ...
"La Dentelle" de Guilhem est une cuvée qui livre de belles choses à l'amateur curieux, adepte des vins vivants.
Je suis content d'avoir parlé de ce vigneron car il est parti de loin et ses vins en constante progression sont maintenant au top de l’appellation Cabardes.
Si il reste toujours aussi authentique et curieux de son terroir aux beaux calcaires, ses cuvées me feront certainement encore voyager, partir vers d'autres lieux, décoller...

vendredi 22 février 2013

Un Loou rosé

Je pense à l'été avec le rosé , c'est pour cela qu'en plein hiver j'aime de temps en temps ouvrir un de ces vins qui peut faire rentrer le soleil dans la maison alors que l'on est au coin du feu.
J'ai bu ce Domaine du Loou complètement à l'aveugle et j'ai beaucoup apprécié son nez très intense oû la finesse donne de la classe à l'ensemble.Une délicate ballade entre l'anis et la framboise qui menera aux fruits rouges après 1/2 heure.
La bouche est grasse avec un superbe touché , des épices , du sel des aromes de bonbons anglais et le retour des fruits rouges.
La persistance aromatique donne de la longueur à ce beau vin.
Cette bouche complexe développera un coté sauvagement piquant et l'isolante fraîcheur fera descendre le tout avec une telle gourmandise que le nez intense s'échappera de mon godet et , comme une ceinture d'astéroïdes , fera le tour de la terre en l'enlassant pour la transformer en un beau fruit rouge qui en retombant dans mon verre m'arrose de tous les aromes du globe.
L'accord improbable avec un salers était merveilleux.
Il vaut mieux boire ce rosé l'été pour garder la tête froide car en plein hiver
ça m'a mis les idées à l'envers , la tête de travers et le cul par terre ...

mardi 5 février 2013

17 vins d'amis

La semaine dernière , je suis donc allé à la dégustation du vin de mes amis pour rencontrer des vignerons qui font des vins bios , natures , sans soufre ou avec juste un pet comme disent certains , enfin des vins qui me feront peut être décoller d'ici quelques mois.
C'était au domaine de Verchant , un très bel endroit , idéal pour y faire un salon qui en plus était organisé de main de maitre par Charlotte Senat.
Bon venons en au vin.
Je vous parlerai juste de ceux qui m'ont le plus interpellé sachant que le niveau général, de tout ce que j'ai goutté, était largement au dessus de la moyenne.


Jean-baptiste Senat s'attaque au blanc pour la deuxième année consécutive et
"Les amis de ma soeur" 2012 est certainement un cran au-dessus du 1er millésime grace à une acidité un peu plus présente qui donne une ligne de conduite bien définie au vin.Une belle aromatique est aussi toujours là sur cette cuvée pas encore bouchée mais déjà plus qu'avenante.
Matthieu Dumarcher en est aussi à son deuxieme millésime en blanc mais ce sera le dernier pour l'instant car il ne travaille plus cette vigne qu'il avait en fermage.Dommage car "le blanc" 2010 (pas sûre du millésime , c'est peut être 2009) vient juste de sortir des fûts et c'est une réussite.Le coté aérien du 2008 est toujours là avec une grande persistance qui envoute ...
un superbe blanc !!! "Bomparet" à tout : du vin , un beau touché de bouche et une finale très fine que j'adore. 
Chez Guilhem Barré c'est "fantaisie singulière" 2011, un cabernet sauvignon , qui m'a vraiment bluffé par sa finesse de touché.Il y a une matière opulente mais l'équilibre est là grâce à la fraîcheur."La peyrière" quant à elle est une cuvée qui livre une belle image du Cabardes.
C'est la première fois que je rencontrais les vins du Domaine du pas de l'Escalette.J'ai aimé toutes les cuvées avec une minéralité comme j'en ai  rarement rencontrée sur les rouges , l'impression d'être entrain de boire l'essence même d'une roche de plus 10 000 ans , certainement celle du Larzac.Le "ze rosé" vous fera oublier la provence et le 100% cinsault avec sa grande fraicheur qu'accompagne une grosse gourmandise est à croquer.
Ma découverte du salon donc.
Le buffet du midi préparé par le restaurant "L'octopus" était vraiment d'une belle gourmandise et le verre d'un "Brin de folie" 2012 brut de cuve de Frédéric Palacios qui l'accompagnait m'a rendu gourmand de cette cuvée , comme sur 2011."Quitte ou double" , le 100% chasan de ce même vigneron, coule comme l'eau d'une source tellement la fraîcheur le rend limpide.Un régal en fin de repas , juste par gourmandise et histoire de nous rappeler que le vin c'est 80% d'eau !!!
J'aime beaucoup les vins de France Crispeels que j'avais rencontrée il y a deux ans sur ce même salon."Franc tireur" est très fin."Ultra violet" est une belle cuvée qui sur 2011 allie finesse et profondeur et sur 2012 a le fond des vins de belles tables.Le rosé tout juste sortie des cuves est un ovni , un vin comme je n'en ai jamais rencontré qui vous emporte sur un cour instant , un vin d'un autre âge , d'une autre époque sur lequel le temps , la mode et la raison n'ont pas de prise , tellement décalé qu'on décolle ...
Le Domaine des quatre pierres , ça ne vous dit rien.Edouard Fortin est à son deuxième millésime sur son domaine flambant neuf mais c'est déjà plus qu'en place.Sa cuvée "les ricochets" a gagné en maturité et une belle acidité donne une colonne vertébrale intéressante à ce rouge presque gourmand.A suivre de près.
J'avais depuis un bon moment envie de rencontrer Marc Castan et bien c'est fait.Il a la spontanéité et la fraîcheur du jeune qui vient d'arriver au milieu de quelques pointures et ses vins que je connaissais déjà un peu m'ont plu."Constellation" est un blanc qui "descend bien" avec un bel équilibre."kezako"  : c'est quoi un vin de soif ?Et bien c'est ça.Quant au grain et à la poire qui me donnent du plaisir sur "Trafalgare" , un blanc encore en élevage , c'est dans une catégorie hors norme qui trouvera sa place."Cacahuète" est dans les registre du vin construit avec de la longueur.Son coté granuleux me plaît aussi.
Bon voilà , j'ai pris beaucoup de plaisir même si je suis loin d'avoir pu rencontrer tous les vignerons de ce salon qui a attiré beaucoup
de monde.
Il n'y a plus qu'a espérer d'autres millésimes aussi jolis à tous les amis du vin
et aux vins de mes amis ...


lundi 21 janvier 2013

Longuement rôtie

Si ma mémoire me fait parfois défaut dans la vie de tous les jours , j'ai par contre toujours à l'esprit des vins que j'ai pu boire il y a plusieurs années avec même des détails qui peuvent rester gravés , pour toujours.
En cherchant bien , j'ai quand même du mal à me souvenir d'un vin qui aurait une longueur comme celle du Côte-rôtie que j'ai bu à l'aveugle chez mon frère.Un Yquem 1988 il y À 4 ans ou un Chignin-bergeron de Gilles Berlioz qui est dans ma mémoire depuis 3 ans peut-être?
"La germine" est tout de suite sur des notes de cassis discrètes , une figue légèrement épicée et un soupcon de poivre.Des arômes fleuris viendront aussi après quelques minutes.
En bouche , c'est la finesse du grain qui me plait beaucoup avec un touché velouté , la fraîcheur qui met en évidence l'équilibre et une acidité qui tend le vin vers une interminable longueur , quelques chose qui s'étend sur une cinquantaine de secondes avec l'impression d'être sur une très longue route qui au fur et à mesure qu'elle se déroule sous mes pieds devient encore plus longue , interminable...
 Je ne connais absolument rien de ce domaine des deux frères Duclaux mais j'espère croiser à nouveau un de ses vins car même si cette bouteille se doit d'être attendue , le plaisir apporté par sa jeunesse et sa longueur m'a fait décoller sur un court moment , longuement apprécié ...

Au fait , lundi je vais allez goûter quelques vins des amis vignerons de Laurent , histoire de voir ceux qui peuvent me faire "décoller" dans les prochains mois.
C'est au Domaine de Verchant , près de Montpellier.
Vous voulez venir y faire un tour?
Il y a tous les renseignements sur son blog "le vin de mes amis" et c'est par


dimanche 16 décembre 2012

La fin du monde : un brin de folie !!!

Je suis chez moi sur la terrasse et il fait très beau en ce bel après midi de mi-décembre.Si je lève les yeux au dessus de mon écran et que ma main gauche quitte le clavier pour me servir de visière , j'arrive à voir au loin , après deux ou trois vallons , dominant les quelques collines qui m'en séparent , le pic du mont Bugarach.
Bon , ici dans l'Aude on dit plutôt  le pech de Bugarach et j'ai un peu de mal à croire que cet endroit restera la seule partie de notre planète oû les terriens vont pouvoir survivre à une fin du monde ou à je ne sais quel autre cataclisme  qui y ressemble.
On verra bien , ou pas ... 

Puisque cette fin du monde annoncée me semble avoir un brin de folie , j'ai donc ouvert une cuvée de Frédéric Palacios qui s'appelle ........."Un brin de folie".
C'était le premier vin dont j'ai parlé sur mon blog et comme ce 21 décembre "fatidique" approche ça sera peut être le dernier , ou pas ...
Sur 2011 cette cuvée qui était auparavant un rosé est un vin "rouge"de saignée composé de tous les cépages du domaine (malbec,cabernet sauvignon , cabernet franc, merlot , grenache , cinsault et carignan).
A l'ouverture il peut y avoir un très léger perlant qui sert juste à protéger le vin et se dissipe tout de suite après un bref passage en carafe. 
Au nez on a des aromes de cassis , groseille et de menthe.En bouche , c'est lisse et le raisin est dominant.Une grosse et belle acidité avec une sensation d'eau et de pureté mais on a du mal à savoir si c'est un blanc , un rouge ou un rosé...
En fait , c'est juste un brin de folie , la folie d'un raisin qui domine la bouche maintenant que les épices sont là.Un coté salin reste un long moment aussi et cette acidité qui revient sur ma langue.C'est presque tranchant si on arrive à se convaincre que c'est un rouge.
Avec l'aération , toute la complexité du vin envahit mon verre et ma bouche avec une rétro sur la canelle , la menthe et l'amande amère.
C'est dur de décrire un vin qui ne ressemble à aucun autre , une folie , un brin d'herbe fraîche qui ondule au gré du vent , un jus de raisin , juste un jus ... du raisin , pur !!! 
J'ai déjà bu à plusieurs reprises cette cuvée et je ne m'en lasse toujours pas tellement sa gourmandise est pleine de complexité.

La fin du monde , c'est pour bientôt ou c'est juste un brin de folie ?
Moi je pense que la fin du monde est peut être une idée avec un brin de folie qui ne tient pas dans une bouteille mais sans un brin de folie il est possible que notre monde touche à sa fin.
Réveillons nous ...




dimanche 25 novembre 2012

Un pur Bouju

Je suis passé du coté de Clermont-Ferrand il y a quelques jours et comme ça faisait un moment que je voulais rencontrer Patrick Bouju , j'ai été faire un petit tour dans son antre ,
à Saint-Georges sur Allier.
Notre temps étant compté à tous les deux , nous sommes allés directement à l'essentiel , avec un tutoiememnt qui s'installe très vite et déjà un verre à la main , pour bien "sentir" les choses.
Nous n'avons pas parlé de son travail à la vigne mais abordé le coté "cave" avec comme point de départ des raisins sains qu'il ramasse à la main et en caissettes sur les différentes parcelles qui composent le Domaine de la bohème.Si le besoin s'en fait sentir , il peut aller jusqu'à passer plusieurs fois dans la même parcelle pour avoir vraiment la maturité optimale des grappes.
Une cuve par parcelle et suivant les cépages , un égrappage manuel ou bien des grappes entières sur une partie de la cuve et puis des raisins , des raisins et encore des raisins  ........... mais rien d'autre.
Patrick Bouju prend son temps et laisse le temps faire les choses , en douceur , sans souffre depuis 2004.
Alors les vins : et bien on a commencé par deux "pet nat" ou pétillants naturels en français dans le texte.
Festejar blanc est un chardonnay qui donne tout de suite beaucoup d'émotion dans mon verre , avec un peu de sucre qui ne sera plus là d'ici la fin de l'année mais qui ne dérange en rien la beauté du vin , vivant et fin.
Festejar rosé est un bonbon à boire sans retenue , pour un grand plaisir.
Lorsque je l'avais appelé deux jours avant , Patrick m'avait dit ne pas avoir grand chose à goûter mis à par ses bulles, seulement voilà , l'enthousiasme que m'a procuré ces deux vins l'a interpelllé et il me dit que je ne peux pas partir sans gouter un rouge , même s'il n'en a pas à vendre.Du coup , il pioche une quille dans sa réserve personnelle et ouvre un pinot noir de toute beauté , "vibrant" comme il dit.
Je vais revenir tout de suite sur ce vin mais je remercie d'abord le vigneron pour son accueil ,
sa grande simplicité et son sens du partage.

Bon , il y a trois jours je n'ai donc pas pu résister et j'ai ouvert cette cuvée "Brutal" 2011, un rouge avec un nez d'une très grande finesse qu'il faut associer à la pureté d'aromes assez impressionnante.Un vin qui tout de suite "marque" et s'impose ,vous envahit et occupe votre esprit.
En bouche la rose exprime la grande finesse du nez , on caresse un pétale d'une grande douceur. C'est tout simplement fin et envoûtant , enivrant de subtilité.
Et les aromes dans tout ça :
et bien la cerise , la fraise et une mine de crayon (ou un coté graphite) parfois en bouche qui donne du plaisir et une sensation de terroir qui "parle". Le pain vient aussi et puis ...
Et puis ce nez qui a pris encore plus d'ampleur maintenant , un nez qui me revient en bouche comme je ne l'ai jamais eu avec un bois de rose d'une grande classe qui arrive sur ma langue et m'emporte vers un coffre à trésor rempli du grâle , les aromes du rêve , la douceur d'un vent parfumé qui caresse ma peau avant de rentrer en moi , me posséder et m'emporter avec lui vers plus loin , là-bas , au delà de tout ...
C'est très rare de rencontrer des bouteilles comme celles là et je pense que c'est certainement
les plus belles émotions que j'ai eues dans mon verre cette année.
Ce vin est un bijou de pureté , un pur Bouju quoi !!!


La dégust du VDMA

N'oubliez pas que demain , Le Vin de mes Amis fait sa dégustation de 10h à 19h, à la Cartonnerie, 12 rue Deguerry, 75011 Paris. 
Entrée (avec un verre italesse offert): 8 euros. 
Pour en savoir plus c'est là , chez Laurent.