mercredi 21 août 2013

2ème vague

il y a un an je titrais "la vague" sur ce blog pour parler d'un rouge de Thierry Michon.
J'aurai pu enchaîner cet été avec "Les clous" un blanc de ce même vigneron qui sur 2011 donne beaucoup de plaisir lorsque l'on passe au dessus du poil de gaz qui reste en bouteille après l'ouverture.
Mais j'avais plutôt envie de vous faire découvrir une "2ème vague" , un autre vigneron Vendéen qui mérite aussi toute mon attention : si, si, en Vendée il peut y avoir plusieurs trésors viniques, je vous jure !!!
Christian Chabirand a "créé" le Prieuré La Chaume en 1997 en partant de terres complètement vierges sur lesquelles il cultive maintenant 14 hectares de vignes.
Certifié bio, il travaille les sols, vendange en caissettes et vinifie sur levures indigènes avec une grande place laissée au temps pour que le vin se fasse "naturellement".
Il a quelques "commandements" qui lui servent de ligne de conduite comme par exemple nourrir le sol pour qu'ensuite il nourrisse la plante ou bien respecter le biorythme du vin pour qu'il garde son caractère et son identité.
Je goûte "Orféo" depuis 5 ans en me régalant souvent mais je me suis arrêté dernièrement sur une autre cuvée, un 100% merlot qui caresse mes oreilles grâce au timbre 
de son chant et qui répond au doux nom de "Bel canto".
 Le nez est tout de suite sur la prune et la cerise, avec une belle fraîcheur de fruit et en même temps un coté macéré.
J'ai aussi des effluves de "vagues iodées".
C'est le mot carbone qui résonne en moi maintenant comme si il voulait me donner l'identité du vin, comme si les racines remontaient vers les sols chargées de diamants ...... ou bien ce sont peut être juste les grappes de raisins qui brillent à mes yeux, je ne sais pas trop !!!
En second plan des fruits noirs (mure, cassis, groseille) arrivent par moment.
La bouche est fraîche (légèrement mentholée), épicée et donne envie de croquer dans le vin  d'une belle longueur tenue par l'acidité.
Mon palais est entièrement tapissé et le jus s'étale sur une peau de raisin tannique ponctué par une rétro sur la groseille, une petite touche métallique et un bel amer.
C'est superbe et bien vivant.
Cette 2ème vague Vendéenne m'a complètement submergé et deux semaines après
avoir bu ce vin, il est encore dans mes pensées, me fait toujours "tourner" la tête.
Ma prochaine escapade en Vendée se fera certainement chez ce vigneron qui au travers
de sa cuvée "Bel canto" est arrivé à faire "chanter" ses vignes, si si tendez l'oreille
ou bien votre verre, je suis sûr que vous pouvez les entendre vous aussi ...


mercredi 17 juillet 2013

Un coup ?

Il y a à peu près 4 ans , Marc Castan a pris un coup sur la tête alors qu'il était entrain de passer un désherbant dans sa vigne.
"Mais qu'est ce que je fais , je suis fou de mettre ce produit dans mes sols?"
Ça doit être à peu près les paroles qu'il a prononcées.
Depuis , il a "adopté" un motoculteur , qui remplace ses produits phytosanitaires , et il mène toutes ses vignes en bio avec des sols oû la vie a repris.
Moi il y a quelques jours , j'ai aussi pris un petit coup "sur la tête" ...
Pas un coup de Marc Castan car sinon , au vue de ses bras , je serai certainement encore dans le coma.
Ni un coup de bambou comme peuvent me mettre parfois les sulfites lorsqu'un vin blanc attaque mes tempes à coup de marteau.
Non plutôt un bon coup , celui que l'on sert aux copains à l'apéro et qui vous donne envie d'en reprendre.
C'est "Trafalgar" la nouvelle cuvée de Marc qui me l'a mis.
Ce muscat petit grain est une macération carbonique qui a vu un fût sur 9 mois.
Sa couleur interpelle tout de suite et le premier nez est une peu réduit mais sans 
le coté pomme au four qui peut déranger sur certain vins "natures".
Une bonne carafe pour tout mettre en place et faire partir en même temps le poil de gaz qui reste et le coup est joué.
Le nez intense part sur la pêche , l'abricot confit et l'écorce d'orange. J'ai aussi une odeur de pierre à fusil (silex) , un arôme empyreumatique que j'aime beaucoup rencontrer.
La bouche est d'une grande pureté avec une longueur qui donne sur les épices et la "liberté sauvage" d'une escapade au dessus de grandes falaises avec la mer qui vient se fracasser dessus. Je suis assis sur une balançoire que deux oiseaux portent à tire-d'aile et le spectacle est magnifique vue du ciel...
Et puis le vin va vivre avec le litchi par moment , un furtif coté métallique et toujours cette sensation d'eau qui me porte sur la face aqueuse de ce vin à la grande personnalité.
Cette cuvée "Trafalgar" est un coup réussi et un peu de gras devrait se développer avec les années.Ce jeune vigneron trace son chemin humblement et je pense que ses vins devraient bientôt avoir la reconnaissance qu'ils méritent.
Ah si vous passez chez Marc Castan au Domaine Mamaruta et qu'en sortant de chez lui vous chercher quelques fromages pour accompagner cette belle bouteille je vous conseille d'aller à quelques kilomètres sur les hauteurs de Leucate voir un berger qui vient juste de s'installer dans la garrigue avec 150 brebis.
Les fromages de Brice Martin-Gouin valent le coup ...... à coup sûr.

dimanche 2 juin 2013

Palmiers, plongée, rosé ... Ozé

De retour sur terre (ou plutôt en métropole) depuis deux semaines, j'ai encore pas mal d'images de plongée qui me reviennent de mes trois semaines de vacances en Martinique avec parfois un barracuda qui croise mon regard lorsqu'en longeant l'aéroport de Carcassonne un avion passe juste au dessus de ma tête, une murène que je vois sortir de l'imprimante qui est sur mon bureau ou bien une tortue de mer qui est juste à portée de bras lorsque je ferme les yeux quelques secondes...
Par contre lorsque je mets le nez dehors, même en habitant dans le sud de la France, j'ai tout de suite les 15 ou 16° (et encore ...) qui me rappellent que la récréation est finie et qu'une baignade en mer n'est pas vraiment au programme des prochains jours, même avec une combinaison de plongée de 7 mm, je  ne suis pas fou quand même !!!
Sinon viniquement aux Antilles il n'y a rien et je le savais avant de partir puisque j'y ai vécu il y a bientôt 10 ans.
Alors comme j'ai des grandes valises, j'avais emmené quelques bouteilles, pour ne pas mourir de soif !!!
Il m'en reste quelques souvenirs avec notamment
"Les vilains" 2010 de Jean-François Nick qui goûtait super bien grâce à une très grosse gourmandise et la matière tout en touché me donnait beaucoup de plaisir.
"Quitte ou double" 2012 de Frédéric Palacios a la même fluidité qu'une rivière sous les cocotiers que lorsqu'on le boit dans l'hexagone et la bouteille que j'ai ouverte à l'apéro n'a pas fait un pli avec des acras de morue.
Et j'ai "Ozé" de Mireille et Pierre Mann qui m'a régalé aussi à la plage sur un poulet boucané mangé avec les doigts juste après une petite heure de plongée qui m'avait ouvert l'appétit.
Ozé c'est un rosé vinique et salin avec un peu de gras qui arrive, des notes de mandarine ou de pamplemousse qui dominent des petits fruits rouges lorsque l'on laisse un peu le vin monter en température.
La bouche fraîche vous emmène sur un bon moment grâce à une acidité qui réveille une rétro toute en longueur avec un soupçon de gingembre. Une très légère touche grillée ponctue le tout.
Un beau rosé qui appelle à "rentrer" dans le vin avec gourmandise, pour cet été ou tout de suite sous les cocotiers si ces quelques lignes vous ont donné envie de prendre l'avion pour le soleil et la mer.
D'ailleurs je vous donne une adresse pour manger typiquement antillais sans se ruiner :
"Chez Geneviève" à Fort de France, juste au-dessus du marché aux épices et aux fruits.
Cette femme cuisine dans un petit coin de 2 mètres sur 1 les poissons qu'elle achète au marché le matin. Son vivaneau grillé avec la sauce chien ou sa fricassée de chatrou sont toujours aussi délicieux, le tout sans chichi. Par contre il faut réserver (0596719303) car à partir de 12h30, c'est souvent complet.
Allez vous Ozé ... rosé, plongée, palmiers ?



mardi 14 mai 2013

Jean-Marc est dans "son" salon


Pendant que je suis les pieds dans l'eau du coté des Antilles (27° dans l'eau justement , 30° dans l'air et 50° dans mon verre de rhum) , Jean-Marc , un copain "viniquement" fréquentable , est dans "son" salon du coté de l'Auvergne ....  enfin presque parce que c'est samedi qu'il fait l'inauguration.
Il parait que tous ceux qui veulent venir sont invités,
vous l'croyez vous ?
En tout cas , si vous voulez vous désaltérer avec un peu de vin et discuter avec quelques vignerons de l'hexagone , c'est à Jenzat qu'il faut que vous Allier (désolé , j'ai pas pu résister).
Bon moi je vous quitte car si je ne vais pas tout de suite acheter un citron vert chez Mam'zelle Genevière , je serai en panne pour le ti-punch de ce soir , avec modération bien sûr contrairement aux vins que vous dégusterez avec ........
 Jean-Marc.

jeudi 18 avril 2013

Retour de "Changer l'Aude en vin" à Leucate

Le restaurant Klim and Co accueillait donc ce salon perché sur les falaises de Leucate.
C'est toujours mieux d'avoir un cadre agréable pour une dégustation de vin , l'esprit peut vagabonder , la mer vous emporter vers d'autres lieux , d'autres terres  , une Île même peut être , si on veut bien juste fermer les yeux , écouter les vagues et laisser le vent vous accompagner , là bas , bien plus loin ...
Bon , sinon il y avait aussi du vin à Changer l'Aude en vin , du bon en plus ,
et comme chaque année un domaine m'a surpris , a fait tilt et m'a interpellé plus que d'habitude.
C'est le Mas des Caprices qui m'a donc régalé cette fois ci.
J'attendais ce domaine à ce niveau depuis un moment car je pensais que tout n'était pas encore tout à fait en place et bien là , on y est.
La gamme des rouges est homogène sur une même ligne avec une attaque en bouche oû on a l'impression que les arômes sont juste saupoudrés , tout en touché , et le fruit s'unit à un velours qui donne une vraie patte au vin !!! Ensuite les blancs et le rosé sont iodés et il y a surtout le "blanc de l'oeuf " avec l'acidité qui tend le vin et un gras naissant qui lui répond : c'est superbe quoi .
Et pour finir , il y a Mireille , qui parle de ses vignes comme on peint un tableau , une passionnée , passionnante.
Les vins de Maxime Magnon ne sont pas encore enbouteillés eux mais la classe et l'élégance envahissaient ma bouche pour un style incomparable , de la haute couture pour des verres en cristal.
C'est Métisse , la cuvée la plus "simple" du domaine , qui se gouttait le mieux , mais Campagnes et Rozetta laissaient entrevoir un gros fond qui est encore en retrait mais qui ne demande qu' à s'épanouir et va se révéler dans les mois à venir . Je suis toujours un grand fan des vins de ce talentueux vigneron .
Ensuite j'ai rencontré Fabien Jouves et j'ai bien aimé son approche des vignes qu'il ne veut pas voir partir en terrain à bâtir lorsque de vieux ceps se dirigent tout droit vers l'arrachage.
Bon au final il se retrouve avec 22 hectares alors qu'il ne voulait pas dépasser les 15 mais ce n'est pas grave.
Sa cuvée "Les escures" est un joli fruit généreux et je pense que le terroir commence à "parler"sur 2012. Il fait aussi une superbe cuvée 100% tannat passerillé sur souche , un vin plein avec une grosse gourmandise , sans lourdeur et qui reste fraîchement en bouche.
Un must sur un dessert au chocolat ou juste pour le plaisir.
Il y avait aussi un petit jeune qui fera parler de lui , enfin de ses bulles plutôt car pour son premier millésime , Etienne Fort a vraiment frappé très fort.
Ses deux cuvées m'ont beaucoup plus car que se soit sa blanquette ou son crémant,
ils taquinent déjà ce qui se fait de mieux sur Limoux .
Les bulles sont très fines , les fleurs blanches effleurent mon nez et en plus le tout est non dosé : du bonheur pur pour des papilles averties.
Sinon , à la volée j'ai aussi aimé :
- les blancs de Xavier Ledogar qui fait aussi une cuvée de cinsault sur laquelle il faut s'arrêter.
- Bufentis de Benjamin Taillandier , un Minervois avec une belle fraîcheur mentholée qui accompagne un vin charpenté.
- "Le vain de ru" de Dominique Andiran , pour revenir sur les "sud ouest" invités , c'est vraiment un blanc qui donne une bonne idée de ce que l'on peut faire avec le cépage colombard.
- la Fantaisie singulière 2011 de Guilhem Barré que j'ai une nouvelle fois beaucoup appréciée après l'avoir découverte à Verchant , un cran au dessus du millésime précédent grâce à plus de finesse.
- le beaucoup "jus de fruit" pressé et fleuri d'Arbalette and coquelicots de Jean-Baptiste Senat
- la belle puissance aromatique de l'ondenc et du mauzac de Bernard Plageoles.
- la cuvée "les ricochets" d'Édouard Fortin.
- la fraîcheur des vins du Château Laballe.
Voila , il y avait aussi des vins qui étaient un peu "fermés" mais dont la bouche laissait entrevoir de belles choses et qui devront donc être regoûtés un autre jour comme ceux de Clément Mengus ou du Domaine du Loup blanc.
En attendant la prochaine édition , je vais commencer par aller voir si Mireille et Pierre Mann du Mas des caprices ont un peu de vin à me vendre histoire de retourner à Leucate et de découvrir
le secret du blanc de l'oeuf , savoir s' il vient vraiment d'un oeuf ce blanc ou si c'est plutôt 
une poule qui a mangé trop de raisin blanc et qui ensuite a trouvé des bouteilles vides au fond de la cave ...... enfin , je vous raconterai tout ça un autre jour.



samedi 30 mars 2013

"Changer l'Aude en vin" à Leucate

Pour changer l'Aude en vin il faut suivre
les amis de ma soeur et Louis dit le blanc dans les petites rangées du clos d'Espinous juste sous le bois , celui oû Oufti a retrouvé Rozeta qui s'était caché dans les genéts.
Mais bon , ca c'était avant que le petit chaperon rose ait fait son record de ricochets pas loin du lieu dit Bufentis.
Maintenant , les Dimanches oû Etienne Fort dégorge ses bulles, si le clos du puits 
est fermé , on peut aussi changer l'Aude en vin , enfin je crois ...





Toutes ces cuvées et bien d'autres seront à Leucate au restaurent "klimenko*" le lundi 8 avril pour ce petit salon que j'affectionne tout particulièrement.
Les 15 vignerons de changer l'Aude en vin qui vous les feront goûter ont invité 5 copains
du Sud-Ouest , ça devrait valoir le détour mais pour ceux qui préfèrent les lignes droites
allez y directement ...
La liste des vignerons



vendredi 22 mars 2013

Guilhem fait de "La dentelle"

Je me souviens très bien de la première fois que j'ai rencontré Guilhem Barré. Il vinifiait ses 2008 dans la vieille grange d'un copain avec seulement deux ou trois cuves et beaucoup de courage ...
J'ai aussi en mémoire une petite "réception" improvisée pour ma deuxième visite quelques mois plus tard au pied de ses 5 hectares de vignes sur Ventenac Cabardes. C'est une très authentique caravane des années 70 qui lui servait de "pied à terre" ...
Aujourd'hui, il est beaucoup mieux installé puisqu'un chais flambant neuf a remplacé sa roulotte et la grange, alors du coup, ses vins ont bien progressé avec des nez plus intenses
et la personnalité de ses cuvées s'est affirmée.
J'ai ouvert "La dentelle" 2010 il y a quelques jours, une cuvée majoritairement syrah.
Il faut trois bonnes heures de carafe pour que le nez soit vraiment en place car la réduction empêche le vin de s'exprimer sans détour à l'ouverture.
Mais après, c'est que du bonheur !!!
Le nez est intense, vivant, avec un coté herbacé,
le pamplemousse dominant par moment, le cassis, l'olive noir, une cannelle légèrement saupoudrée tout en touché, une pointe de safran, un léger poivre, du réglisse aussi enfin une grande complexité m'envahit quoi !!!
La bouche glisse sur les tannins avec la belle acidité du pamplemousse, un coté "piquant" qui rappelle les épices du nez et une finale salivante où le sel titille très très légèrement ma langue que l'encre de chine a caressé. Un peu de gras viendra aussi contrebalancer
une légère amertume, le tout sur une belle fraîcheur, légèrement réglissée par moment.
Un vin qui m'embarque sur un voilier ou j'ai charrié quelles caisses de vins pour rallier une petite île.
Je n'en suis plus très loin d'ailleurs, à un mille peut être lorsqu'un couple de dauphins "m'accoste" pour discuter.
A la vue de mon chargement ils ne perdent pas le nord et me demandent un "droit de passage".
Je m'exécute assez facilement, en riant, et à l'aide d'un bout, lance donc une bouteille à la mer qu'ils s'empressent d'emporter avec eux dans les profondeurs comme si ce flacon contenait la magie d'un élixir, un trésor ...
"La Dentelle" de Guilhem est une cuvée qui livre de belles choses à l'amateur curieux, adepte des vins vivants.
Je suis content d'avoir parlé de ce vigneron car il est parti de loin et ses vins en constante progression sont maintenant au top de l’appellation Cabardes.
Si il reste toujours aussi authentique et curieux de son terroir aux beaux calcaires, ses cuvées me feront certainement encore voyager, partir vers d'autres lieux, décoller...