mercredi 19 octobre 2011

Ooohhh Mustango , ooohhh !!!

Ah , ça c'est un beau blanc , un vin de classe.
Mustango de Wilfried Valat est une cuvée que je suis depuis 2 millésimes et qui m'apporte
à chaque bouteille beaucoup de plaisir.Par contre il faut lui laisser une petite année de cave après la mise pour que tout soit bien en place et s'exprime pleinement.
Ce 2009 est un assemblage de carignan , grenache à 40% et 20% de macabeu.
On pourrait croire que l'on va avoir à faire à un "sudiste": eh bien pas vraiment car je pense plus à la bourgogne lorsque je bois ce vin.


Le nez est sur des petits galets ovales et la roche.
Il dégage aussi des arômes de pêche blanche par moment, de l'élégance et une petite pincée d'agrume (citron vert).La noisette s'invite sur un court instant avec le coté caoutchouc qui caractérise quelques vins de Calce.
Un vin vivant donc , voir même très vivant : Ooohhh Mustango , ooohhh !!!
La bouche est minérale , à la limite du tranchant mais le léger gras offre une très belle structure qui supporte le tout en coulant fort bien.
Mes papilles en profitent un long moment.

J'ai aussi l'impression qu'un goût ressurgit , celui des petites galets dans le lit d'une rivière qui serpente au pied d'un massif montagneux.Là- haut , tout là-haut quelques isards broutent en bordure d'un bois.
L'air est pur , le bruit de l'eau qui coule suffit largement à mon bonheur !!!
- Le gout des galets ?
- Oui vous n'avez jamais essayé ?
- Non!!!
- Bon ben la prochaine fois que vous êtes en montagne , si vous voulez voir à quoi ça ressemble n'hésitez pas : ça a un petit goût de .........
Mustango !!!


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dimanche 9 octobre 2011

La lanterne Rouge

J'ai un petit penchant pour les vins oublies , les cépages anonymes , 
les soit disant "dernier de la classe".
La lanterne rouge fait partie de ceux-là avec les deux cépages qui la composent:
l'aramon et le cinsault.
Et pourtant ... 
A l'ouverture, j'ai un peu de noix fraîche et je décide de carafer 
pour que les fruits, que j'entrevois, prennent le dessus.
Après 1 heure, le nez est étonnant de complexité sur les herbes sauvages , la cerise écrasée , l'amande et la noix par moment.C'est vivant avec des petits fruits rouges , la framboise et un coté fleuri aussi.
En bouche c'est épicé avec une acidité très plaisante qui laisse la place à un léger coté granuleux (comme sur un carignan) pour mieux revenir sur la finale assez longue.Le coté fruité et l'herbe fraîche sont là pour une superbe rétro !!!
J'ai l'image d'une planète verte qui me vient , une planète ou les arbres ont envahi toute forme de civilisation : les routes sont défoncées par les racines et les branches colonisent les tours de béton.Les hommes ne trouvent leur place que dans un milieu naturel , contraints et forcés par la dictature des végétaux qui ont pris "le pouvoir".
C'est une nouvelle terre ou le juste retour des choses sur notre planète?

Cette lanterne rouge du domaine Clos Fantine est une très belle expression de cépages trop souvent utilisés pour leur énorme rendement (l'aramon aussi appelé pisse-vin peut produire jusqu'à 500 hectolitres de vin par hectare).
Un vin friand et très accessible à tous qui dégage de la simplicité.
Si vous en connaissez , j'en veux bien d'autres des "derniers de la classe" comme celui-là ...


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dimanche 4 septembre 2011

Un autre monde

J'entends parler depuis longtemps du Petit domaine de Gimios et de cette femme qui mène ses vignes comme on peindrait un paysage , en ne s'occupant que de ce qui fait la nature , celle que l'Homme n'a pas encore détruite.
Mme Anne-Marie Lavaysse veille sur quelques hectares du coté de Saint-Jean de Minervois et fait des vins "natures" qui donnent à ce mot tout son sens.
J'ai découvert son moelleux de muscat il y a quelques jours.
Alors je préviens tout de suite ceux qui ont un peu de mal à aborder les vins sans souffre , cette cuvée n'est pas pour vous.
Pour les autres , vous allez découvrir quelques chose d'exceptionnel.
A l'ouverture le vin a pas mal de gaz et le carafage est obligatoire sous peine de voir cette belle bouteille finir à l'évier : j'ai dans mon verre un cidre qui laisse entrevoir des agrumes mais l'acétone masque un peu le tout.
L'attente est de rigueur et 3 heures plus tard , à l'apéro , je redécouvre ce vin plus accessible.
Au nez la pureté des arômes est dans un registre que l'on ne rencontre que très rarement , sur des agrumes confits avec une majorité de citron jaune et une orange charmeuse.
Un coté mielleux passe , puis s'en retourne et revient , comme une abeille.
La verveine , le camphre , des herbes sauvages , le foin et puis ...
Je suis tout en haut d'un grand canyon en train de me délecter de ce doux breuvage.
L'arbre, sur lequel je suis adossé, est juste au bord du vide , en équilibre.
La majorité de ses racines descendent quelques mètres plus bas pour puiser la force de cette terre que les années ont érodées.
Un instant magique propice à la réflexion...

En bouche c'est un moelleux mais avec une acidité qui répond à la douceur tout en touché et en finesse.
J'ai des ronces qui viennent piquer avec délicatesse mon palais que le vin ne quittera pas tout de suite car la longueur fait durer le plaisir.
La rétro sur les agrumes confits est précise et complètement indescente , j'en reveux tout de suite...

L'équilibre ?
Mais je ne peux pas parler d'équilibre tellement c'est hors norme.
Même à 17 ou 18° , on en prend une grande gorgée avant la prochaine qui en appelle encore une autre.
En résumé c'est assez équilibré pour tenir dans un verre si vous voyez ce que je veux dire.

Je n'ai jamais rien gouté qui ressemble à ce grand breuvage qui m'a complètement transporté, mais pas au paradis, non non , juste ailleurs.
Cette bouteille est la clef d'une porte qui s'ouvre vers un autre monde , une autre façon "d'écrire" le mot vin , sans concession ni artifice.
Merci Madame LAVAYSSE.



vendredi 29 juillet 2011

L'Aude au rosé

Je vais vous parler de vin pour changer un peu ,
celui que l'on a dans notre verre cet été , le rosé.
Pourquoi le rosé ?
Premièrement parce que ça rime : rosé-été-olé-
Deuxièmement parce que quand c'est bien fait , le rosé c'est bon.
Et troisièmement parce que c'est souvent pas très cher et que le prix
ça compte aussi !!!
J'ai trois Audois qui me régalent depuis un peu ,  trois 2010 qui ont chacun leur personnalité.

Mon premier rosé de l'été c'est "la rosenca" de Guilhem Barré , un néo-vigneron Audois installé du coté de Ventenac Cabardes qui fait des vins plus que sympas.
C'est un rosé de saigné 100% merlot.
Après un peu d'ouverture le nez s'exprime bien sur une très belle framboise dominante.
Un coté agrumes, mis en valeur par le zeste d'une mandarine, arrive ensuite.
La bouche est fraîche , équilibrée , assez longue et surtout pleine de plaisirs : un vrai bonbon.
Un beau rosé que j'ai du mal à garder dans mon verre tellement il est gourmand.

Mon deuxième se trouve du coté d'Arzens , chez Frédéric Palacios.C'est aussi un 100% merlot.
Son "brin de folie" me régale tous les ans et à chaque fois dans un registre différent.
2010 est sur l'élégance.
Le nez est intense et fin à la fois, citronné , une mandarine passe devant tout le monde.
La bouche a un touché rond , suave , presque gras mais l'acidité donne un beau fil au vin qui a une longueur au dessus de la moyenne.
Les épices sont là sur la finale conclue par une rétro sur les agrumes.
Un rosé de classe sur l'élégance donc.

Mon troisième est tout aussi agréable que ces compères
mais c'est plus un vin qu'un rosé.
C'est une cuvée issue du seul grenache noir que le domaine Les enfants sauvages élève en fût du coté de Fitou.
La "bouche du soleil" est un vin très atypique qui prendra une bonne place à table.
Le nez est assez sauvage , fin et avec une certaine pureté.
La figue , la peau d'orange et le bois exotique se font discret à l'ouverture mais après une bonne aération le tout prend de l'intensité.
La bouche a du volume , un certain piquant qui s'efface devant l'acidité , trame d'un vin à la longueur intéressante.
La finale épicée sur le premier verre va s'assagir par la suite puis revenir.
Un rosé atypique , surprenant et vivant.


à 6 , 7 et 8 € voila donc trois rosés Audois et presque à l'oeil ,
trois vins complètement différents
qui peuvent vous emmener
jusqu'à la fin de l'été
quand le soleil aura imprimé
toutes les lettres du mot bronzé
sur votre peau halée.

Allez ,  buvez du rosé et bonnes vacances .....

dimanche 24 juillet 2011

Le souffle du Mas d'Espanet

Le Mas d'Espanet avec la cuvée "Eolienne" sur 2008 : une bouteille achetée chez un caviste et qui traînait depuis quelques temps dans ma cave.
Sans rien savoir sur le domaine , le vigneron ou le vin, j'ai donc dégusté à "l'aveugle"cette cuvée composée de grenache , carignan et syrah

le nez est sur la fraîcheur , un petit peu résineux au départ
avec une belle cerise légèrement macérée ,
la prune qui prendra des allures de mirabelle bien mure,
un souffle d'air marin par moment
et des herbes de la garrigue dominées par la menthe.
J'ai une minéralité qui s'exprime comme rarement sur un vin
dont l'élevage très discret est comme je les aime ,
tout en touché , avec juste un soupçon de cuir.
La bouche est  légèrement épicée sur la légèreté , tout en délicatesse et le tout m'emporte quelques années en arrière sur une plage des caraibes :
je suis sous le auvent d'une cabane faite en morceaux de bois assemblés avec des liens de cuir.
Je sirote tranquillement mon verre de vin et une légère alizée souffle avec bonheur sur des jours qui s'écoulent sans soucis , lentement , tout en douceur ....
Le temps passe ....
 
Une belle surprise que ce vin de pays d'OC qui m'a charmé grâce à son plaisir simple
et son accessibilité.
Le souffle du vent peut définir en quelques mots ce vin.

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jeudi 7 juillet 2011

Pépite Cévenole

Trouver des petites pépites en bouteille à prix doux au détour d'une appellation quasiment inconnue, cela n'arrive pas tous les jours.
Les Cévennes c'est le pélardon, les châtaignes ou la soie mais pour le vin, on aurait tendance à passer son chemin.
Et pourtant ...
J'ai rencontré la cuvée "les quatuors" du MAS de la SALLE il y a maintenant 3 ans sur un millésime 2006 surprenant et atypique
aux arômes de citron et de canfre.
2008 était plus accessible avec un élevage moins présent, des agrumes, une belle acidité et une dangereuse gourmandise qui face à un blanc de JC.Rateau et une "Louis" de G.Azam tenait une place plus qu'honorable.
Il y a quelques jours j'ai débouché un 2009 de cette belle cuvée qui est majoritairement composée de viognier et chardonnay, le chenin et la roussanne rentrant à 10%.
Le nez a eu instantanément une bonne intensité avec une finesse et une pureté qui m'emmènent tout de suite
dans les nuages , l'impression de voyager avec légèreté sur un grand voile de soie porté dans les airs par petit vent , tout en douceur.
C'est légèrement beurré et la clémentine, le citron et l'orange se "donnent" bien.
Le miel et les fleurs offrent encore plus de complexité.
Une impression de liberté se dégage avec beauté.
La bouche est limpide avec un coté décalé, hors des standards.
L'équilibre est évidement bien là et une pointe sur la clémentine reste en bouche un bon moment.
Une bouteille vraiment très typée car je ne connais aucun autre blanc qui pourrait lui ressembler.
Il faudra vraiment que je me décide à trouver un rouge de ce domaine qui, aux pieds des Cévennes, travaille la vigne en essayant de respecter ce que la nature veut bien mettre à sa disposition.
En attendant "les quatuors"c'est ma pépite Cévenole, à moins de 8€.
Une pépite ?
Mais au fait, il n'y aurait pas de l'or aussi dans les Cévennes ...



mercredi 22 juin 2011

Vol de schistes

Borie la Vitarèle est un domaine que je n'ai pas souvent dans mon verre, pas assez souvent d'ailleurs.Situé sur l'appellation Saint-Chinian , il cultive 12 hectares en biodynamie.
La cuvée "les Schistes" 2008 est composée de syrah , grenache et une pincée de carignan.
Je ne suis pas spécialement fan des vignes sur schistes mais cette cuvée est certainement ce que j'ai goûté de mieux en la matière.
le nez est d'entrée sur une pierre(ou roche) très dominante et le fruit, caché derrière, s'exprime bien à l'agitation du verre avec la cerise , le cacao et le pruneau qu'un pain frais vient visiter de temps en temps.
Le lendemain , la mine de crayon de papier viendra accompagner la roche toujours aussi présente qui m'embarquera :
j'ai cette vigne plantée sur les schistes devant moi.Chaque pierre de cette roche s'ouvre en deux feuillets pour se transformer en oiseau et s'envoler avec une grappe de raisin dans le bec.Ce vol de schistes c'est ce que j'appellerai la part des anges qui veillent sur cette vigne.

En bouche le vin est d'une grande finesse pour un équilibre qui place  cette cuvée "au- dessus du vin".
Les épices soulignent le tout qui glisse tellement bien dans mon gosier que je ne m'aperçois pas que mon verre est déjà vide.

L'élégance et la façon , dont le vin exprime son terroir avec ce coté pierre, m'a beaucoup plu sur cette cuvée.J'aimerais bien connaître un peu plus ce domaine.

Il y a tant de vignes , tant d'hommes et de vins à découvrir ...



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