jeudi 24 octobre 2013

Naturellement cinsault

Le  dernier cinsault de cette série c'est "es d'aqui" 2011, un rouge qui nous vient du coté de Saint-Chinian.C'est Jean-louis Pinto qui a "sorti" cette bouteille issue des raisins bio qu'il achète et vinifie ensuite.
J'avais goutté un "es d'aqui" en blanc sur 2012 quelques jours avant et je n'avait pas vraiment accroché avec ce chardonnay/sauvignon qui "pommait" beaucoup trop (du verbe pommer :  ce dit après 3 jours , dans les décollages de Christian , d'un vin qui ressemble toujours à du cidre).

Pas d'AOC pour cette cuvée de cinsault en vin de France donc, mais l'enssentiel n'est pas là avec ce type de flacon "nature" dont le contenu est légèrement trouble.
Le nez est au départ très fermé avec juste un coté métallique et après un bonne agitation dans le verre , quelque chose de très brouillon qui "appelle" une carafe.
En bouche il y a par contre un beau jus avec l'impression d'avoir la sève du pied de vigne , c'est épicé (poivre) et d'une belle fraîcheur.
Après 2 heures de carafe le nez s'exprime beaucoup mieux avec une fraise assez pure, une belle feuille de laurier sauce et l'impression d'avoir quelque chose de sauvage dans mon verre.
La bouche est toujours aussi avenante avec une pointe chocolatée sur une finale toujours aussi fraîche voir presque mentholée.
J'aime beaucoup ce nez pas trop prononcé , tout en touché ,
la discrétion des aromes juste chuchotés , comme s'il devait n'y avoir que quelques personnes qui pouvaient les "apprivoiser" , se les approprier pour un secret à garder.
Le vin vivra avec tour à tour une rétro sur la mine de crayon et la groseille , le coté classe et la finesse du bois de rose , la craie blanche ou le mot sauvage qui résonne en moi à nouveau et un certain mystère qui plane lorsque je mets mon nez dans le verre vide.
Ce vin est l'archétype du breuvage qui attise ma passion , il est insaisissable par moment puis se livre entier pour mieux se refermer et finir par vous faire tourner la tête.

Pour conclure cette trilogie cinsault , je dirai que ce cépage n'est certainement pas assez souvent mis en avant car ces trois bouteilles,  qui sont chacune une expression différente de ce qu'il peut donner , ont vraiment du caractère.La finesse des jus et la classe du bois de rose que l'on retrouve à chaque fois les rendent même irrésistible par moment.


mardi 8 octobre 2013

Le Fruit d'un cinsault Chilien

La deuxième bouteille de ma trilogie sur ce cépage est "un miracle" puisque les vendanges se sont déroulées 3 semaines après un tremblement de terre de 8,8 sur l'échelle de Richter.
J'ai donc ouvert un cinsault Chilien de Luis Antoine LUYT , la cuvée "cinsault de Cauquenes" sur 2010.
C'était une bombe de fruit il y a un peu plus d'un an et ça se "descendait" à une vitesse impressionnante.Il y avait de la finesse déjà avec un bois de rose rare tout en touché qui dominait la groseille , la fraise et la menthe à l'eau accompagnées d'épices douces.
La bouche était juteuse avec une matière qui laissait un beau grain.Et puis toujours ce bois précieux et une pointe d'acidité qui arrivait en final pour rester sur la langue : un vrai plaisir pour une gourmandise de folie ponctuée par une rétro sur l'aneth.
Un vin qui donnait énormément de plaisir !!!
Là , à l'ouverture , on a une belle peau de raisin puis ensuite ......ça pète toujours le fruit à tel point que mon verre explose.Le coté juteux en bouche donne pas mal de plaisir mais ça manque un poil de longueur même si la rétro sur les piments et le poivre aussi redonne du peps à l'ensemble.Avec l'aération , le vin gagne en précision et en volume , vit et m'embarque , grâce à un passage sur la terre mouillée , dans une cave au Chili certainement car la porte est ouverte et je crois entrevoir la Cordillère des Andes...
Je préférais ce vin dans sa jeunesse mais le plaisir est tout de même encore là.
 Si vous voulez rencontrer Luis Antoine LUYT pour qu'il vous parle des vignes de 300 voir même parfois 400 ans qui sont sur son domaine du Clos ouvert ,
il ne faut pas forcément aller au Chili car il passe de temps en temps chez quelques bons cavistes Parisens ou Toulousains comme le Clos de François , une adresse recommandable dans la ville rose.